Eau : l’union européenne injecte 348 millions d’euros pour le Maroc
Un partenariat européen d’envergure pour sécuriser l’accès à l’eau au Maroc
L’Union européenne et trois agences de coopération européennes ont officialisé, à Rabat, un engagement financier massif de 348 millions d’euros, équivalant à près de 3,7 milliards de dirhams, dédié à un programme ambitieux visant à moderniser la gestion de l’eau au Maroc. Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’un précédent accord signé fin 2024, fruit d’une rencontre entre le roi Mohammed VI et le président français.
La cérémonie de signature, organisée au ministère de l’Équipement et de l’Eau, a réuni le ministre Nizar Baraka ainsi que les ambassadeurs en poste au Maroc des quatre pays contributeurs : l’Union européenne, la France, l’Allemagne et l’Italie.
Une mobilisation collective pour un enjeu stratégique
Ce financement s’appuie sur la contribution de plusieurs acteurs clés : l’Agence française de développement (AFD), la KfW (banque publique allemande) et la Caisse des Dépôts et Prêts italienne (CDP). L’AFD, désignée comme cheffe de file du projet, a joué un rôle déterminant dans la concrétisation de ce programme, selon les observateurs locaux. Le nouvel ambassadeur de France au Maroc, Philippe Lalliot, a d’ailleurs salué l’apport français, soulignant que Paris a déjà investi plus d’un milliard d’euros dans le secteur de l’eau au Maroc.
L’ambassadeur de l’Union européenne, Dimiter Tzantchev, a rappelé lors de la cérémonie que « l’UE accorde une priorité absolue à la question de l’eau, surtout dans un contexte marqué par les défis climatiques ». Il a précisé que ces fonds serviront principalement à étendre l’accès à l’eau potable et à l’irrigation dans les zones rurales.
La stratégie nationale de l’eau mise en avant
Lors de l’événement, le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a détaillé les avancées de la stratégie nationale de l’eau, impulsée par le roi Mohammed VI. Il a notamment mis en lumière la mise en service de 26 barrages, permettant d’irriguer près de 1,5 million d’hectares. À moyen terme, le Maroc ambitionne de couvrir 60 % de ses besoins en eau potable grâce au dessalement des ressources hydriques.
« Celui qui ne maîtrise pas l’eau ne maîtrise pas son destin », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance cruciale de cette ressource. Le ministre a également annoncé que son ministère s’engage à déployer ce programme avec une gouvernance optimisée, garantissant des résultats concrets et durables. Il a tenu à remercier les ambassadeurs pour leur appui sans faille.
Un renforcement des infrastructures face au stress hydrique
Ce partenariat européen arrive à point nommé pour soutenir le Maroc dans sa lutte contre le stress hydrique. Les fonds alloués permettront d’accélérer la mise en œuvre de la stratégie nationale, en combinant dessalement, construction de barrages et amélioration de l’irrigation. L’enjeu dépasse la seule dimension infrastructurelle : il touche directement à la sécurité hydrique, agricole et sociale du pays. L’ambassadeur d’Allemagne, en écho à ces propos, a salué la qualité de la coopération maroco-allemande, qualifiant l’eau de « domaine sensible et stratégique » dans lequel la KfW intervient activement.