En Rdc, interdiction des rassemblements pour freiner ebola avant une marche anti-tshisekedi

Les autorités de la République démocratique du Congo ont pris une mesure drastique pour endiguer l’épidémie d’Ebola : l’interdiction des rassemblements de masse à Kinshasa et dans trois autres provinces. Cette annonce, formulée dans une lettre du ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, survient à seulement une semaine d’une grande manifestation de l’opposition prévue le mercredi 8 juillet dans la capitale.

Un contexte sanitaire préoccupant

Depuis le 15 mai, la 17e épidémie d’Ebola que traverse la RDC a déjà causé 360 décès sur un total de 1 274 cas recensés. Bien que les quatre provinces du nord-est soient les plus touchées, aucun cas de contamination n’a été signalé à Kinshasa, une métropole de plus de 17 millions d’habitants. Le courrier ministériel, daté du samedi 27 juin, demande aux autorités locales de proscrire les « attroupements de masse » afin « d’éviter toute propagation de l’épidémie à virus Ebola ». Le document ne précise pas explicitement si la manifestation de l’opposition est visée par cette mesure.

Tensions politiques croissantes

Cette interdiction intervient dans un climat politique tendu autour d’un projet de loi encadrant un référendum sur une révision constitutionnelle. L’opposition craint que cette réforme n’ouvre la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi, au pouvoir depuis 2019, alors que la Constitution limite actuellement le chef de l’État à deux mandats. Le texte a été adopté mi-juin par un Parlement largement acquis à la majorité présidentielle et attend désormais la promulgation présidentielle.

Le 12 juin, un précédent rassemblement de l’opposition dénonçant un « coup d’État constitutionnel » avait été violemment dispersé à Kinshasa. Des affrontements entre manifestants, militants pro-gouvernement et forces de l’ordre avaient fait plusieurs blessés, tandis que les Nations unies avaient rapporté la mort d’« au moins un manifestant ».

L’opposition maintient la pression

Malgré les restrictions sanitaires, l’opposition confirme son appel à manifester le 8 juillet pour réclamer la démission de Félix Tshisekedi. Lundi, le ministre Jacquemain Shabani a qualifié cet appel d’« acte de haute trahison ». La mobilisation s’annonce comme un test de la capacité des autorités à concilier impératif sanitaire et liberté de manifester.