Fermeture frontière Goma : un coup dur pour l’économie locale
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fermeture frontière Goma : un coup dur pour l’économie locale

Frontière entre Goma et le Rwanda vue depuis la RDC

La ville de Goma, vitale pour les échanges commerciaux entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, subit de plein fouet les répercussions de la fermeture des postes frontaliers. Cette décision, prise pour des raisons sanitaires, asphyxie progressivement l’activité économique de la région.

Les commerçants, artisans et petits entrepreneurs, tous dépendants des flux transfrontaliers, voient leurs moyens de subsistance s’amenuiser jour après jour. La circulation des biens et des personnes, autrefois fluide, est désormais entravée par des contrôles sanitaires stricts imposés par les autorités rwandaises.

les petits commerçants en première ligne

Jacques Safari, vendeur ambulant de denrées alimentaires, incarne le désarroi de milliers de travailleurs informels. Avant la crise, il écoulait quotidiennement plusieurs plaquettes d’œufs à destination des voyageurs traversant la frontière. Aujourd’hui, ses ventes ont chuté de plus de 60%, faute de clients.

Il confie avec amertume : « Avant, ma clientèle était composée à 80% de voyageurs. Sans eux, mes revenus ne suffisent plus à nourrir ma famille. La fermeture de la frontière a tout bouleversé. »

le marché de birere en crise

Au cœur de Goma, le marché de Birere, réputé pour ses échanges avec le Rwanda, subit une crise sans précédent. Les grossistes peinent à s’approvisionner en produits manufacturés, tandis que les stocks s’épuisent. Hamuli Kasilembo, acteur clé de ce marché, explique :

« Les transactions sont devenues rares et coûteuses. Nous devons désormais importer à prix d’or ce que nous achetions auparavant à moindre coût de l’autre côté de la frontière. »

les économistes alertent sur les conséquences à long terme

Alphonse Muanda, économiste spécialisé dans les dynamiques régionales, met en garde contre les effets dévastateurs de cette mesure. Pour lui, l’économie de Goma repose en grande partie sur l’interdépendance avec le Rwanda voisin.

Il souligne que la fermeture des frontières menace directement la survie des petits commerçants, dont les revenus quotidiens dépendent des échanges transfrontaliers. Les produits de première nécessité comme le riz, le savon ou les vêtements, autrefois accessibles, deviennent aujourd’hui inaccessibles pour une partie de la population.

Les experts s’accordent à dire que sans une réouverture rapide des frontières, la précarité sociale pourrait s’aggraver dans les semaines à venir. La situation sanitaire, bien que compréhensible, aggrave une crise économique déjà profonde.