Le Maroc met l’humanitaire au centre de sa diplomatie africaine lors d’une réunion de l’UA

le Maroc met l’humanitaire au centre de sa diplomatie africaine lors d’une réunion de l’UA

Le Royaume du Maroc, en sa qualité de Champion de l’Union africaine sur les questions migratoires, a réaffirmé son engagement à faire de l’action humanitaire le pilier central de sa politique étrangère et de sa coopération avec le continent. Une ambition portée par la vision stratégique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, visant à atténuer les crises humanitaires à travers l’Afrique.

Maroc Hebdo
Publié le 2 Juin 2026 à 12:12. | 4 min de lecture

Mohamed Arrouchi, Ambassadeur du Maroc auprès de l’UA.

Mohamed Arrouchi, Ambassadeur du Maroc auprès de l’Union africaine.

« Le Maroc place l’action humanitaire au cœur de sa politique étrangère et de sa coopération africaine, conformément à la vision éclairée du Roi Mohammed VI. » C’est par ces mots que Mohamed Arrouchi, Ambassadeur du Maroc auprès de l’Union africaine (UA) et de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), a ouvert son intervention devant le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, le 2 mai 2026.

Le diplomate a insisté sur l’engagement constant du Royaume à atténuer les crises humanitaires en Afrique, en tant que Champion de l’UA sur les enjeux migratoires. Une mission qu’il a rappelée lors d’une séance publique du CPS dédiée aux réfugiés, aux personnes déplacées internes (PDI) et à l’aide humanitaire sur le continent.

Pour M. Arrouchi, l’action humanitaire marocaine ne se limite pas aux interventions d’urgence ou à l’envoi d’hôpitaux mobiles. Elle s’inscrit dans une démarche globale, combinant assistance immédiate, projets de développement et partage de savoir-faire. Une approche qui repose sur le co-développement, la mutualisation des bonnes pratiques et la lutte contre les effets du changement climatique et de la désertification, sources croissantes de déplacements forcés.

Le diplomate a également souligné l’importance d’une gouvernance transparente de l’aide humanitaire, garantissant que les ressources parviennent directement aux populations bénéficiaires sans détournement. « L’objectif est que l’aide humanitaire soit gérée de manière responsable, dans le respect des principes d’efficacité et de redevabilité », a-t-il déclaré.

Selon lui, les réponses aux crises en Afrique doivent s’inscrire dans une stratégie multidimensionnelle, associant prévention des conflits, médiation, consolidation de la paix et développement durable. Une vision qui vise à traiter les causes profondes des déplacements, plutôt que leurs conséquences.

M. Arrouchi a également plaidé pour le renforcement de la résilience des communautés vulnérables, touchées par les conflits, les catastrophes naturelles ou les chocs climatiques. « Il est crucial d’anticiper les crises futures en développant des mécanismes d’alerte précoce et des systèmes de préparation adaptés aux réalités africaines », a-t-il affirmé.

Le diplomate a enfin mis en avant la nécessité d’améliorer la collecte et la gestion des données relatives aux réfugiés et aux PDI. « Des registres fiables et actualisés sont indispensables pour optimiser l’allocation des ressources et garantir une réponse humanitaire ciblée », a-t-il conclu.

Face à l’urgence humanitaire qui frappe l’Afrique, marquée par une multiplication des crises — conflits, chocs climatiques, insécurité alimentaire —, M. Arrouchi a appelé à une réponse collective plus efficace. « Les défis actuels exigent des solutions pragmatiques, durables et proactives pour construire un nouvel ordre humanitaire africain », a-t-il insisted.

En conclusion, il a réaffirmé la priorité absolue de l’action préventive, face à des chocs de plus en plus fréquents et complexes, soulignant que la prévention reste le meilleur rempart contre les crises humanitaires.