Magistrats tchadiens en colère : plainte contre le ministre de la Sécurité publique
La justice tchadienne réagit face aux propos du ministre de la Sécurité publique
Les deux principaux syndicats de magistrats du Tchad, le Syndicat des Magistrats du Tchad (SMT) et le Syndicat Autonome des Magistrats du Tchad (SYAMAT), ont saisi la justice pour contester les déclarations du ministre de la Sécurité Publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Aghabache.
Dans leur plainte déposée auprès du procureur général près la Cour d’appel de N’Djamena, les représentants du corps judiciaire reprochent au ministre d’avoir tenu des propos jugés graves et insultants envers les magistrats. Ces déclarations, prononcées lors d’une conférence de presse en mai 2026, ont provoqué un tollé dans les milieux judiciaires tchadiens.
Des accusations graves contre le ministre
Les syndicats estiment que les propos du ministre portent atteinte à l’honneur et à l’autorité de la justice. Ils considèrent qu’il s’agit d’un acte de discrédit public envers des décisions judiciaires et juridictionnelles, ainsi que d’une diffamation envers un corps professionnel.
Pour appuyer leur démarche, les magistrats s’appuient sur plusieurs articles du Code pénal et du Code de procédure pénale tchadiens. Ils citent notamment les articles 142, 144 et suivants du Code pénal, ainsi que les articles 527 et 528 du Code de procédure pénale, qui encadrent les infractions liées à l’outrage et à la diffamation envers les autorités judiciaires.
Une demande ferme pour la protection de la justice
Dans leur plainte, les deux syndicats exigent que le procureur général ouvre une enquête sans délai. Ils réclament également que toutes les suites légales soient engagées contre le ministre pour préserver la dignité, l’indépendance et l’autorité du pouvoir judiciaire.
Cette initiative marque une volonté claire des magistrats tchadiens de défendre leur profession face à des déclarations qu’ils jugent inacceptables et préjudiciables à la crédibilité de la justice.
Une affaire qui interroge l’équilibre des pouvoirs
Ce conflit entre le ministère de la Sécurité publique et le corps judiciaire soulève des questions sur les relations entre l’exécutif et le judiciaire au Tchad. Les magistrats rappellent que leur mission exige un environnement juridique respectueux, où leur travail ne peut être entravé par des prises de position politiques ou des propos calomnieux.
La suite de cette affaire judiciaire pourrait avoir des répercussions importantes sur le fonctionnement des institutions tchadiennes et sur la perception de l’État de droit dans le pays.