Mali : les drones de Bamako frappent par erreur leurs alliés à Intahaka
Ce lundi matin, dans la zone minière d’Intahaka, près de Gao, un drone des Forces armées maliennes a commis une erreur tragique : il a détruit un véhicule appartenant au GATIA, un mouvement armé pourtant engagé aux côtés du gouvernement. Cet incident illustre l’échec criant de la stratégie militaire de la junte au pouvoir.
Intahaka : une bavure qui révèle l’incompétence stratégique de Bamako
L’aube à peine levée, l’information a secoué la région. Une frappe aérienne malienne a visé un pick-up du Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés, causant des pertes humaines. Une ironie cruelle, alors que cette milice combat depuis des années pour défendre l’autorité de Bamako.
Ce tir, initialement présenté comme une victoire contre des « terroristes », s’est révélé être une erreur de ciblage. L’absence totale de coordination entre les forces sur le terrain met en lumière les lacunes techniques et l’improvisation d’une armée qui peine à maîtriser ses propres outils.
La stratégie des drones, un leurre coûteux
Depuis des mois, le colonel Assimi Goïta mise sur les drones pour reconquérir le territoire. Pourtant, ces engins, loin de sécuriser le pays, multiplient les erreurs tragiques. Civils et alliés sont régulièrement pris pour cible, comme à San, ou aujourd’hui à Intahaka.
Pendant que Bamako s’enlise dans ses illusions technologiques, les groupes armés gagnent du terrain. Le Cadre stratégique permanent, devenu le Front de Libération de l’Azawad, et le JNIM multiplient les offensives, exploitant les faiblesses d’une armée mal préparée.
Intahaka, un territoire économique asphyxié
La mine d’or d’Intahaka, poumon économique de la région de Gao, est au cœur d’une guerre sans merci. État, groupes armés et réseaux criminels se disputent ce site stratégique, où l’orpaillage fait vivre des milliers de familles.
Les affrontements et les tirs aveugles paralysent l’activité minière, plongeant les populations dans une précarité extrême. « Entre les terroristes qui bloquent les routes et les prix qui explosent, les drones de Bamako ajoutent à notre désespoir », confie un habitant sous couvert d’anonymat.
L’impasse politique et militaire du Mali
L’incident d’Intahaka est le symbole d’une stratégie militaire en échec. En rejetant les accords de paix et en misant uniquement sur la force, Bamako s’aliène ses derniers soutiens, comme le GATIA.
Le Nord et le Centre du pays échappent peu à peu au contrôle de l’État. Le discours sur la « restauration de la souveraineté » sonne désormais comme une mascarade. Si la junte persiste à confondre propagande et efficacité, ce ne sont pas seulement ses alliés qu’elle perdra, mais l’avenir même du Mali.