Martinez Zogo : la vidéo des derniers instants secoue le procès

Une vidéo choquante projetée au tribunal militaire de Yaoundé

Le procès de l’affaire Martinez Zogo a basculé lors de sa deuxième journée d’audience. Le 1er juin 2026, les juges du tribunal militaire de Yaoundé ont diffusé une vidéo inédite : celle des derniers instants du journaliste, martyrisé avant sa mort. Des images insoutenables, où l’on voit Martinez Zogo, couvert de sang et visiblement torturé, implorer de l’aide. Le choc a été immédiat. L’avocat Ludovic Sabze a témoigné de l’impact émotionnel : « C’est fort, c’est très fort. Je ne suis pas le seul à ressentir cette émotion intense. »

Le lendemain, l’ambiance dans la salle d’audience reste lourde. Les regards sont marqués par le souvenir de ces images. Pourtant, malgré leur violence, elles pourraient bien faire avancer l’enquête. Ces rushs proviennent directement du compte Google du maréchal des logis Godje Oumarou Vincent, alors en poste à la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE).

Un rapport d’expertise qui relance l’enquête

C’est Georges Bell Bitjoka, expert en cybercriminalité, qui a mis au jour ces preuves accablantes. Son rapport, présenté comme une avancée majeure, démonte les versions officielles et révèle des échanges troublants entre l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga et Justin Danwe. Plusieurs éléments retiennent l’attention :

  • Une recrudescence suspecte des communications entre les deux hommes entre le 18 et le 28 janvier 2026, soit juste après l’enlèvement de Martinez Zogo et la découverte de son corps.
  • Des rencontres en présentiel non négligeables.
  • Des données effacées, inaccessibles à l’expertise.

Pour Maître Calvin Job, avocat de la famille du journaliste, ce document est une révélation : « C’est un rapport qui remet tout à plat. Il balaye les mensonges accumulés depuis le début de l’affaire. » Il salue « la rigueur de l’expertise et la qualité technique du travail », estimant que si le tribunal s’en saisit, « il aura déjà résolu 98 % des énigmes de ce dossier. »

Des zones d’ombre persistantes

Cependant, Georges Bell Bitjoka précise que les 18 % de données récupérées du téléphone de Jean-Pierre Amougou Belinga ne suffisent ni à l’incriminer, ni à l’innocenter définitivement. Paul Chouta, proche de la famille, évoque un « goût d’inachevé » : « On devine des pièces manquantes du puzzle, mais elles restent hors de portée. »

Les avocats de la défense ont demandé une expertise complémentaire pour tenter de récupérer les données effacées. Une requête qui pourrait, si elle aboutit, éclairer les ombres qui pèsent encore sur cette affaire.

Le procès suspendu, l’attente continue

Le tribunal a renvoyé l’audience aux 22 et 23 juin 2026, laissant le temps aux investigations de progresser. Pour l’heure, une question cruciale reste sans réponse : qui a ordonné l’enlèvement et la torture du journaliste ? Les débats, désormais alimentés par ces nouvelles preuves, pourraient bientôt apporter des éléments de réponse.