Mbaye Dione à l’Assemblée nationale : nous ne sommes pas des ennemis, mais des opposants à Ousmane Sonko
Un message politique fort depuis l’hémicycle
Lors de son intervention à l’Assemblée nationale, le député Mbaye Dione a dépassé le cadre des débats économiques sur le FMI, la dette et les dotations territoriales. Dans la dernière partie de son discours, il a élargi sa réflexion à la situation politique du Sénégal et aux relations entre pouvoir et opposition. S’adressant au président de l’Assemblée nationale, il a demandé qu’un message solennel soit transmis à Ousmane Sonko, dans un contexte qu’il juge marqué par une tension politique inhabituelle.
« Nous ne sommes pas ses ennemis »
La phrase forte de Mbaye Dione restera gravée : « Nous ne sommes pas ses ennemis. Nous sommes ses opposants. » Par cette déclaration, il a voulu distinguer clairement opposition politique et hostilité personnelle. Selon lui, s’opposer à un gouvernement ou à une majorité ne signifie pas être contre le pays ni être l’ennemi de ceux qui dirigent. Le député a rappelé que l’opposition sénégalaise revendique une posture républicaine, prête à accompagner le gouvernement quand nécessaire, mais aussi à s’opposer fermement quand elle le juge utile.
Un rappel au parcours d’opposant d’Ousmane Sonko
Mbaye Dione a également convoqué le passé politique d’Ousmane Sonko pour appuyer son propos. Il a souligné que ce dernier a lui-même été une figure de l’opposition et qu’il a utilisé les tribunes institutionnelles pour exprimer ses désaccords. Aujourd’hui, Sonko doit accepter que des responsables politiques ne partagent pas ses positions. La contradiction fait partie du fonctionnement normal d’une démocratie, a insisté Mbaye Dione. Celui qui s’est opposé hier doit pouvoir accepter l’opposition aujourd’hui, appelant ainsi à une cohérence politique dans le traitement des adversaires.
L’Assemblée nationale ne doit pas devenir un lieu de règlement de comptes
Dans son intervention, Mbaye Dione a rappelé le rôle central de l’Assemblée nationale dans l’équilibre institutionnel du pays. Cette institution doit rester un espace de débat, de contrôle et de responsabilité, a-t-il martelé. Il a mis en garde contre toute tentative de transformer l’hémicycle en lieu de confrontation personnelle ou de règlement de comptes politiques. À ses yeux, l’Assemblée nationale doit servir le pays, non devenir le théâtre d’affrontements entre camps. Cette mise en garde traduit une préoccupation plus large : préserver la dignité du Parlement et la qualité du débat démocratique.
Une opposition qui revendique sa responsabilité
Mbaye Dione a présenté l’opposition comme une force responsable et attachée aux principes républicains. Les députés de l’opposition ne sont pas dans une logique d’obstruction systématique, mais dans une démarche de vigilance. « Nous allons agir comme des républicains responsables, des opposants courageux », a-t-il déclaré. Il défend une opposition capable de soutenir les bonnes décisions tout en contestant fermement celles qu’elle juge contraires à l’intérêt national.
Un appel à l’apaisement politique
Au-delà de l’interpellation adressée à Ousmane Sonko, la sortie de Mbaye Dione sonne comme un appel à l’apaisement dans les relations entre pouvoir et opposition. Il invite les nouvelles autorités à reconnaître la légitimité de la contradiction politique. Son message repose sur une idée simple : dans une démocratie, gouverner ne signifie pas réduire l’opposition au silence, et s’opposer ne signifie pas travailler contre le pays. En rappelant que les opposants ne sont pas des ennemis, Mbaye Dione tente ainsi de replacer le débat politique sur le terrain institutionnel et républicain.