Nouveau master en Côte d’Ivoire pour transformer l’économie africaine
Un séminaire historique lance le Master ECOTEDD en Côte d’Ivoire
L’INP-HB, via son Centre d’Excellence Africain en Valorisation des Produits (CEA VALOPRO), a organisé ce samedi à Angré le séminaire de lancement officiel du Master Économie Circulaire, Transition Écologique et Développement Durable (ECOTEDD). Une initiative ambitieuse qui rassemble experts locaux et internationaux, décideurs publics, acteurs privés et partenaires techniques autour d’un objectif commun : repenser les modèles de développement pour une Afrique plus résiliente.
Une ambition africaine : transition écologique et innovation
Ce séminaire inaugural, placé sous le thème « Afrique durable, Côte d’Ivoire résiliente : RSE et économie circulaire comme leviers d’un nouveau modèle de développement », a mis en lumière les défis majeurs du continent : gestion des déchets, déforestation, transition énergétique et accès aux financements climatiques. Autant de sujets qui nécessitent des solutions adaptées aux réalités africaines.
Le professeur Benjamin Yao, coordonnateur du CEA VALOPRO, a rappelé l’importance stratégique de cette formation : « Ce master vise à offrir un contenu à forte valeur informative et à faciliter l’accès des médias à des experts de référence, dans une logique de vulgarisation des enjeux environnementaux. »
L’économie circulaire, clé d’un développement durable
Lors des débats, les intervenants ont souligné le potentiel de l’économie circulaire comme réponse aux défis africains. « L’économie circulaire, c’est une économie de la conservation de la valeur. Ce que nous appelons déchets aujourd’hui peut devenir une richesse demain », a expliqué le professeur Yao, citant des exemples concrets de valorisation des produits agricoles, notamment dans les filières anacarde et cacao.
Il a également insisté sur la nécessité d’adopter des solutions contextuelles : « Nous ne devons pas copier les modèles occidentaux. Nos réalités africaines exigent des solutions simples, efficaces et durables, adaptées à nos besoins. »
RSE et financements climatiques : les défis à relever
Les échanges ont également révélé les limites actuelles de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), encore trop peu intégrée dans les stratégies organisationnelles. Plusieurs panélistes ont rappelé que la RSE devient progressivement un critère d’accès aux marchés publics, appelant les entreprises à passer de la communication à l’action concrète.
Sur le front des financements climatiques, un paradoxe a été souligné : des ressources existent, mais leur mobilisation reste complexe. « Les fonds sont disponibles, mais les procédures sont lourdes et techniques. Il est essentiel de former des compétences locales capables de monter des dossiers conformes aux standards internationaux », ont expliqué les experts.
Les étudiants s’engagent pour un avenir durable
Abraham Bosson, délégué de la première promotion du Master ECOTEDD, a partagé l’engagement de sa génération : « Nous croyons en une Afrique capable d’innover, de valoriser ses ressources locales et de bâtir un développement durable adapté à ses réalités. » Il a souligné la responsabilité historique des jeunes : « Nous devons devenir des acteurs du changement, porteurs de projets innovants et durables au service de nos pays. »
Il a précisé que ce master ne se limite pas à un cadre académique : « Notre objectif est d’impacter concrètement nos entreprises, nos institutions et nos communautés. L’apprentissage doit mener à l’action. »
Une formation pratique et professionnelle
Accessible en ligne et très sélectif, ce programme de deux ans ambitionne de former une nouvelle génération d’experts en valorisation des déchets, en RSE, en finance climatique et en montage de projets environnementaux. Une approche résolument tournée vers la pratique et l’insertion professionnelle.
Cette initiative, portée par l’INP-HB, vise à contribuer à la formation d’un capital humain qualifié, capable de répondre efficacement aux enjeux du développement durable en Côte d’Ivoire et en Afrique subsaharienne.
Les organisateurs annoncent un prochain appel à candidatures dans les semaines à venir, avec l’ambition de renforcer cette dynamique en faveur d’une économie plus circulaire, inclusive et résiliente.