Pouvoir vacant au Cameroun : mythe ou réalité politique

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pouvoir vacant au Cameroun : mythe ou réalité politique

Dans son analyse éditoriale diffusée ce lundi 21 juillet 2026, l’éditorialiste politique Eric Boniface Tchouakeu s’interroge sur l’absence prolongée du chef de l’État camerounais hors du territoire national.

Armand Djaleu
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L’éditorialiste politique Eric Boniface Tchouakeu s’interroge ce lundi 21 juillet 2026 sur l’absence prolongée du président camerounais Paul Biya, parti officiellement le 7 juin 2026 pour un « court séjour privé » en Europe, selon le communiqué de son Directeur de Cabinet, Samuel Mvondo Ayolo.

Cette absence, initialement présentée comme temporaire, suscite de vives spéculations au sein de l’opinion publique. Plusieurs questions émergent : l’état de santé du chef de l’État, âgé de 93 ans, serait-il préoccupant ? Les autorités rassurent régulièrement sur ce point, mais certains observateurs évoquent ouvertement une possible vacance du pouvoir.

La vacance du pouvoir : une notion strictement encadrée par la constitution

Contrairement aux idées reçues, la loi fondamentale camerounaise ne fixe aucune limite au nombre de jours que le président peut passer à l’étranger. Ainsi, la question de la vacance du pouvoir ne peut être soulevée uniquement sur la base d’une absence prolongée hors du territoire national.

Selon l’article 10 de la Constitution, la vacance du pouvoir ne peut être constatée que dans trois cas précis :

  • le décès du président en exercice ;
  • sa démission ;
  • ou son empêchement définitif.

Cependant, le texte constitutionnel ne définit pas explicitement ce que recouvre l’« empêchement définitif », laissant ainsi une marge d’interprétation. Cette ambiguïté juridique alimente les débats et les interprétations divergentes.

Pour ces raisons, il est impossible de conclure à une vacance du pouvoir au Cameroun simplement parce que le président Paul Biya séjourne actuellement à l’étranger.

Une absence légale mais moralement contestable ?

Si l’absence prolongée du chef de l’État ne constitue pas une violation de la loi, elle interroge sur le plan éthique et politique. Depuis plus de 43 ans au pouvoir, Paul Biya n’a jamais signé ou publié de décret majeur depuis l’étranger, ce qui renforce les interrogations sur la gestion actuelle du pays.

L’attente prolongée de la formation du gouvernement après l’élection présidentielle d’octobre 2025, ainsi que le délai de nomination d’un Vice-Président — alors que la réforme institutionnelle a été adoptée dans l’urgence — pourraient expliquer pourquoi certains citoyens suivent avec attention le nombre de jours passés par le président à l’étranger.

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