Rdc : la cenaref rejoint le groupe egmont pour renforcer la lutte contre le blanchiment

Rdc : la cenaref rejoint le groupe egmont pour renforcer la lutte contre le blanchiment

La Cellule nationale de renseignement financier (CENAREF) de la République démocratique du Congo (RDC) a franchi une étape majeure en intégrant officiellement le Groupe Egmont. Ce réseau international rassemble les unités de renseignement financier de plus de 170 pays. L’annonce a été relayée par le ministère des Finances, soulignant ainsi l’engagement de Kinshasa dans la lutte contre les flux financiers illicites.

Illustration du Groupe Egmont

Un outil stratégique contre les transactions financières suspectes

Le Groupe Egmont facilite l’échange sécurisé d’informations entre les cellules de renseignement financier, à la demande ou de manière spontanée. Pour la CENAREF, cette adhésion ouvre la voie à une collaboration directe avec ses homologues étrangers. Cela permettra de mieux tracer des mouvements de fonds complexes, comme les capitaux transférés de Kinshasa vers Dubaï, souvent considérés comme des plaques tournantes du blanchiment, avant d’être redirigés vers des comptes en Europe.

Enjeux économiques et lutte contre la corruption

Les autorités congolaises estiment que la RDC perd environ 9 milliards de dollars chaque année en raison du blanchiment d’argent, de la corruption et du commerce illégal. Ces pertes privent l’État de ressources essentielles pour financer des services publics cruciaux. L’Agence de coopération allemande GIZ, partenaire du gouvernement dans ce projet, accompagne Kinshasa dans ce combat contre les flux financiers illicites.

Les risques identifiés par les institutions congolaises incluent notamment le détournement de fonds publics, la corruption et le commerce illégal des matières premières. Le secteur minier, en particulier, est vulnérable en raison de l’opacité des circuits de production et de commercialisation, ainsi que des difficultés de traçabilité.

L’or artisanal : un défi majeur pour la traçabilité

En 2024, la RDC a officiellement exporté seulement 1,7 tonne d’or artisanal, pour une valeur de 128 millions de dollars. Pourtant, une part importante de la production locale continuerait de quitter le pays via des circuits informels. Ces flux transitent souvent par le Rwanda et l’Ouganda, avant d’atteindre des marchés internationaux comme celui de Dubaï.