Rdc : la cenco met en garde contre un troisième mandat de felix tshisekedi
Goma, 23 juin 2026 – En République démocratique du Congo, l’Église catholique a lancé un avertissement solennel contre toute manœuvre politique qui pourrait permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a publié, à l’issue de son assemblée plénière extraordinaire tenue du 18 au 20 juin, une déclaration ferme. Les évêques y réaffirment leur engagement pour le respect intransigeant de la Constitution de 2006. Ils soulignent que toute tentative de modifier les règles limitant le nombre de mandats présidentiels risquerait de déstabiliser les institutions du pays.
Dans leur message, lu par le secrétaire général de la CENCO, Donatien Nshole, les prélats rappellent que la paix politique en RDC repose sur la fidélité à l’ordre constitutionnel et aux promesses faites à la nation. Ils exhortent le chef de l’État à « honorer le serment prêté devant Dieu et devant le peuple » lors de son investiture.
Selon la CENCO, toute remise en cause des dispositions constitutionnelles actuelles constituerait une rupture du pacte républicain, forgé après les multiples crises politiques traversées par le pays.
Cette prise de position survient alors que le débat politique a été relancé par l’adoption récente au Parlement d’une loi sur l’organisation des référendums. Pour les évêques, ce texte pourrait servir de levier pour organiser une consultation populaire visant des articles considérés comme intangibles, notamment ceux relatifs à la durée et au cumul des mandats présidentiels.
Les responsables de l’Église catholique affirment que les intentions de certains acteurs politiques ne font plus mystère, plusieurs voix dans la classe politique évoquant désormais ouvertement la perspective d’un nouveau cycle de gouvernance en faveur de l’actuel président.
De son côté, la majorité présidentielle rejette ces interprétations. Elle soutient que la loi référendaire a pour seul but de renforcer le cadre institutionnel et de permettre au peuple souverain de s’exprimer sur les grandes questions nationales.
Le débat a été alimenté par plusieurs déclarations récentes de Félix Tshisekedi. En mai dernier, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, il avait affirmé ne pas avoir sollicité un troisième mandat, tout en indiquant qu’il se plierait à la volonté populaire si celle-ci l’exigeait. Cette sortie avait immédiatement attisé les spéculations sur ses intentions politiques à l’horizon 2028.
Face à cette situation, la CENCO appelle la population congolaise à la vigilance et à s’opposer, par des moyens légaux et pacifiques, à toute tentative de modification des dispositions constitutionnelles qu’elle juge verrouillées.
La Constitution de la RDC limite le mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable une seule fois de manière consécutive, soit un maximum de deux mandats. Félix Tshisekedi, au pouvoir depuis 2019, exerce actuellement son deuxième mandat.
Les prochaines élections présidentielles sont prévues en décembre 2028, conformément au calendrier électoral en vigueur, sauf changement institutionnel ou cas de force majeure.
Cette intervention conforte le rôle central de l’Église catholique dans le débat politique en République démocratique du Congo, alors que la question d’un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi s’impose progressivement comme un enjeu politique majeur.
Photo : Messeigneurs Willy Ngumbi, évêque de Goma et Donatien Nshole secrétaire général de la Cenco, entrent dans la salle de rencontre avec les responsables de l’AFC/M23 à Serena hôtel, le 12 février 2025 à Goma