Rdc : l’État se porte partie civile dans le procès Tshiwewe, Numbi et autres
Christian Tshiwewe et Félix Tshisekedi

La République démocratique du Congo a annoncé sa constitution de partie civile dans le dossier qui oppose l’Auditeur général des Forces armées de la RDC (FARDC) aux généraux d’armée John Numbi, ancien inspecteur général, et Christian Tshiwewe, ex-chef d’état-major général et ancien conseiller militaire du président Félix Tshisekedi, ainsi qu’à sept autres officiers supérieurs et à Pascal Nyembo.

L’information a été communiquée par un collectif d’avocats lors de l’audience du jeudi 25 juin 2026 devant la Haute Cour militaire de la RDC. Cette séance, très brève, a aussi vu l’intégration du lieutenant-général Constant Ndima, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, en tant que juge assesseur.

Interrogé par la presse à la sortie de l’audience, Maître Jean Mupira, avocat au barreau de Kinshasa/Gombe et membre du collectif, a refusé d’entrer dans les détails. Il a simplement précisé que le public sera informé des motivations de cette démarche en fonction du déroulement du procès.

« Il est légitime que l’État congolais se constitue partie civile pour faire valoir l’ampleur des préjudices subis et réclamer la condamnation des accusés à des dommages-intérêts à la hauteur des dégâts occasionnés », a déclaré l’avocat au nom du collectif devant la Haute Cour militaire.

Les prévenus doivent répondre d’accusations graves, notamment : complot, trahison, apologie du terrorisme, diffusion de fausses nouvelles, non-respect des consignes, désertion à l’étranger, possession illégale d’armes et de munitions de guerre, ainsi que l’incitation de militaires à enfreindre leur devoir et la discipline.

Cette deuxième audience n’a duré que quelques minutes. Selon le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, le renvoi est motivé par des raisons d’État liées à l’indisponibilité de certains membres de la formation. Ce délai permettra également aux équipes de la défense de déposer leurs mémoires. La prochaine audience est fixée au 9 juillet 2026.

Lors de la première audience, également présidée par le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, la cour avait procédé à l’identification des accusés. Plusieurs étaient présents, assistés de leurs avocats : le général d’armée Christian Tshiwewe Songesa, le général d’armée John Numbi Banza Ntambo (en fuite), le général-major Maurice Nyembo Kufi, le général de brigade Chinyabuuma Kamukinde, le général de brigade Ngoy wa Kabila John, le général de brigade Sangwa Muhemedi John, le colonel Mukombozi Zahinda Guy, le colonel Sangwa Lumbu Pathy, le colonel Tshinabo Kenge Christophe (en fuite), et Pascal Nyembo Muyumba (en fuite), ancien directeur général du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC).

Le général John Numbi, Pascal Nyembo Muyumba et le colonel Tshinabo Kenge Christophe étaient absents à l’ouverture et sont considérés en fuite. L’auditeur général des FARDC a requis que le défaut soit retenu à leur encontre, se basant sur les articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire congolais.

Ce nouveau procès s’ajoute à une série d’affaires judiciaires visant de hauts gradés des FARDC, dans le contexte de la guerre d’agression menée par le Rwanda via la rébellion de l’AFC/M23 dans l’est de la RDC. Les chefs d’accusation dans ces dossiers incluent généralement le complot, la trahison, l’exécution d’ordres illégaux et l’accomplissement d’actes contraires à la loi dans le cadre de leurs fonctions.