Sanctions onusiennes contre Corneille Nangaa : quel impact sur la crise en rdc ?
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Sanctions onusiennes contre Corneille Nangaa : quel impact sur la crise en RDC ?

La société civile congolaise s’interroge sur l’efficacité des mesures adoptées par l’ONU contre le coordinateur du mouvement rebelle AFC/M23 et d’autres chefs de groupes armés actifs dans l’Est du pays.

Portrait de Corneille Nangaa

Alors que la RDC assure la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies ce mois-ci, l’organe a décidé d’appliquer des sanctions contre Corneille Nangaa, coordinateur du mouvement rebelle AFC/M23, ainsi que contre plusieurs autres figures des groupes armés opérant dans l’Est du pays.

Parmi les personnalités visées figurent John Imani Nzenze, responsable du renseignement de l’AFC/M23, Charles Sematama, chef militaire du groupe Twirwaneho, Gustave Kubwayo, commandant des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), Sébastien Kimenyi, responsable du renseignement des FDLR, et Muhammed Lumisa, commandant des Allied Democratic Forces (ADF).

L’AFC/M23 considère ces mesures comme « sélectives » et « discriminatoires », d’autant qu’elles interviennent alors que le groupe participe à des négociations pour la recherche de la paix.

Un choix stratégique des Nations unies

Le professeur Bob Kabamba, enseignant à l’Université de Liège en Belgique, estime que ces sanctions pourraient compliquer les efforts de paix. Selon lui, « il sera difficile pour l’ONU de continuer à collaborer avec l’AFC/M23 sur le terrain, notamment dans la mise en œuvre des processus de paix et dans le cadre de sa mission, alors que l’organisation a elle-même pris ces sanctions ».

Pressions diplomatiques et légitimité des groupes armés

Pour le professeur Julien Mahatma Tazi, spécialiste en relations internationales à l’Université de Kinshasa, le timing de ces sanctions n’est pas anodin. Il explique que « la visibilité internationale de la RDC en tant que présidente du Conseil de sécurité a contribué à maintenir la crise de l’Est au cœur des préoccupations diplomatiques. Les Nations unies souhaitent ainsi rappeler que les négociations ne doivent pas dispenser les acteurs de leurs responsabilités individuelles ».

Selon lui, ces sanctions affaiblissent la légitimité internationale des responsables des groupes armés, limitent leurs déplacements et peuvent restreindre leur accès aux ressources financières, à condition que les États appliquent effectivement ces mesures.

La société civile exige une application immédiate

La non-application des sanctions préoccupe particulièrement les populations des zones contrôlées par les rebelles. Fiston Misona, président de la Société civile de Walikale (Nord-Kivu), déclare : « Chaque fois que des sanctions sont annoncées, elles ne sont pas appliquées comme prévu. Nous demandons à l’ONU de veiller à ce que ces mesures soient appliquées contre tous ceux qui violent les droits humains en RDC ».

Il est à noter que Corneille Nangaa avait déjà été sanctionné à trois reprises : deux fois par les États-Unis et une fois par l’Union européenne.