Tabaski à Niamey : pourquoi les prix des moutons explosent malgré l’abondance
Quelques jours avant l’Aïd al-Adha, une vague de bétail déferle sur Niamey. Les routes de la capitale nigérienne sont sillonnées par des camions surchargés, et les marchés regorgent de moutons. Pourtant, cette abondance n’a aucun effet sur les étiquettes : les prix s’envolent, et l’inflation pèse lourdement sur le budget des familles.
Niamey, en ce mois de mai 2026, vit un paradoxe troublant. Partout, des moutons se pressent dans les ruelles, et le bruit des moteurs des véhicules transportant le bétail résonne en continu. Les villages environnants alimentent les marchés en animaux, transformant la ville en un véritable océan de laine. Mais cette profusion ne se traduit pas par une baisse des tarifs. Bien au contraire.
L’année dernière avait offert un répit inattendu aux consommateurs, mais en 2026, la tradition de la flambée des prix reprend ses droits. Une situation qui devient un véritable casse-tête pour les chefs de famille, contraints de trouver des solutions pour honorer la fête sans se ruiner.

Des tarifs inabordables pour les ménages nigériens
Dans les marchés de Niamey, le simple fait d’observer les étals devient un luxe. Les prix du bétail enregistrent des hausses vertigineuses, oscillant entre 85 000 et 450 000 FCFA selon la qualité de l’animal. Voici la répartition des tarifs constatés cette semaine :
- Entrée de gamme (80 000 – 100 000 FCFA) : des agneaux ou jeunes moutons, représentant le strict minimum pour répondre à l’obligation religieuse.
- Milieu de gamme (120 000 – 200 000 FCFA) : la catégorie la plus plébiscitée par la classe moyenne, mais qui exige déjà un budget conséquent.
- Haut de gamme (250 000 – 450 000 FCFA) : des béliers imposants ou issus de races rares, désormais inaccessibles pour la majorité des Nigériens.
Le piment, nouvelle victime de l’inflation
L’inflation ne se limite pas au bétail. Les condiments essentiels pour les grillades de la fête subissent également une hausse spectaculaire. Le piment sec, par exemple, a vu son prix flamber de 50 % en seulement sept jours : un sac de 100 kg est passé de 20 000 à 30 000 FCFA. En détail, la tia (environ 800 grammes) coûte désormais 1 000 FCFA.

Un pouvoir d’achat étouffé par la spéculation
« On voit des moutons à chaque coin de rue, mais personne n’y touche : les prix sont trop élevés », confie un client déçu près d’un marché de bétail.
Ce témoignage reflète la réalité vécue par les habitants de Niamey. À l’approche de l’Aïd al-Adha, le pouvoir d’achat des Nigériens est mis à rude épreuve. Malgré l’afflux massif de bétail sur les marchés, la spéculation et la demande croissante risquent de priver de nombreuses familles de célébrer la fête dans les conditions habituelles. Ainsi, la Tabaski 2026 pourrait bien devenir, pour beaucoup, une célébration marquée par des choix douloureux.