Tchad : l’économie en pleine stabilité selon S&P
L’agence de notation S&P a récemment maintenu la note souveraine du Tchad à «B-», avec une perspective stable. Une décision qui valide la stratégie économique du pays, incarnée par le «Plan national de développement Tchad Connexion 2030». Selon le ministère des Finances, cette notation reflète une confiance renforcée dans la dynamique économique tchadienne, soutenue par une croissance soutenue, un endettement maîtrisé et un appui constant des partenaires internationaux.
Croissance économique : des prévisions revues à la hausse
Depuis 2023, l’économie tchadienne affiche une reprise marquée, portée par la hausse des prix des hydrocarbures et le rebond des services. En 2025, cette tendance s’est confirmée avec une croissance du PIB réel estimée à 5 %, selon S&P. Une projection qui dépasse de 1,5 point celle de décembre 2024 (3,6 % par an entre 2024 et 2027).
Le FMI a également révisé ses prévisions à la hausse, tablant désormais sur une croissance de 5,2 % pour le Tchad. Cette amélioration s’explique par le dynamisme de la production agricole et le redressement des secteurs non pétroliers. Bien que le secteur pétrolier reste un pilier des exportations et des recettes publiques, l’agriculture et les services jouent un rôle clé dans le soutien de la demande intérieure.
Endettement maîtrisé : un atout pour la stabilité financière
Le Tchad a réalisé des progrès significatifs dans la gestion de sa dette publique, passée de niveaux critiques à une trajectoire plus soutenable. Aujourd’hui, la dette représente environ 36 % du PIB, un ratio bien inférieur à celui d’autres économies comparables. En 2022, le pays a été le premier au monde à recourir au cadre commun du G20 pour restructurer sa dette extérieure.
La majeure partie de cette dette est désormais concessionnelle, avec des conditions de remboursement avantageuses. Cela permet au Tchad de dégager une marge de manœuvre financière, d’attirer les investisseurs et de financer les projets ambitieux du «Plan National de Développement Tchad Connexion 2030». Les autorités maintiennent une politique budgétaire rigoureuse, garantissant la soutenabilité de la dette tout en libérant des ressources pour les investissements et les dépenses sociales.
Recettes fiscales : une mobilisation en progression
La mobilisation des recettes intérieures est un axe central des réformes économiques en cours au Tchad. Le ratio recettes fiscales/PIB a progressé, passant de 9,8 % en 2022 à 13,1 % en 2023, selon l’OCDE. Cette amélioration reflète un élargissement de l’assiette fiscale et une meilleure administration des impôts.
En 2025, les recettes non pétrolières ont dépassé les prévisions, portées par la vitalité des secteurs hors hydrocarbures et les mesures issues de l’accord avec le FMI signé en juillet 2025 (625,3 millions de dollars). La digitalisation des finances publiques et le renforcement de la gouvernance ont également contribué à optimiser la collecte des recettes.
« Cette notation confirme la crédibilité financière du Tchad et renforce son attractivité pour les investisseurs privés, tout en consolidant la confiance des partenaires internationaux dans les réformes engagées », déclare le ministère des Finances.
Tchad Connexion 2030 : un plan ambitieux pour l’avenir
Pour pérenniser cette stabilité économique, le Tchad doit poursuivre ses efforts sur plusieurs fronts : diversification économique, mobilisation accrue des recettes fiscales et maintien d’une dette soutenable. Ces enjeux sont au cœur du «Plan national de développement Tchad Connexion 2030», adopté en mai 2025.
Ce plan s’inscrit dans la continuité de la transition politique tchadienne, marquée par l’élection du président Mahamat Idriss Deby Itno en 2024 et l’adoption d’une nouvelle Constitution. Désormais, le Tchad vise une émergence économique avec un financement de 20,5 milliards de dollars, levé en novembre 2025 à Abu Dhabi.
Doté de 268 projets transversaux, le plan ambitionne de transformer l’économie tchadienne en réduisant la pauvreté de 2,6 millions de personnes grâce à une croissance de 8 % entre 2025 et 2030. Cet objectif devrait permettre d’augmenter le PIB de 60 % d’ici 2030. Structuré autour de quatre axes, il comprend :
- Le développement des infrastructures stratégiques : électricité, eau, routes et télécommunications.
- Le renforcement des politiques sociales : éducation, santé, formation professionnelle et inclusion des jeunes.
- La diversification économique : agriculture, élevage, pêche, hydrocarbures, mines et tourisme, avec une valorisation locale.
- L’amélioration du climat des affaires, notamment par la simplification administrative.