Dans l’ombre des titres alarmants, trois femmes nigérianes, Aisha, Juliana et Hauwa, portent le poids des traumatismes infligés par Boko Haram. Leur histoire, rarement entendue, révèle l’ampleur des souffrances endurées et les défis de la réinsertion après des années de captivité.

Le 12 avril 2014, Aisha préparait un repas pour sa famille à Gamboru Ngala, dans l’État du Bornou, lorsque le groupe djihadiste a mené un raid meurtrier. Elle n’a pas eu le temps de fuir : son frère a été assassiné sous ses yeux, et elle a été capturée avec d’autres villageoises. Emmenée dans un camp de fortune, elle a subi des mariages forcés et des violences répétées. « Chaque nuit, ils venaient me chercher, et il me violait », raconte-t-elle avec une douleur encore vive.

Des parcours marqués par l’horreur et l’espoir

Juliana, enlevée à 15 ans avec sa mère dans l’État d’Adamawa, a enduré deux ans de captivité avant de s’échapper grâce à une complicité inattendue. Avant son rapt, elle rêvait de devenir ingénieure informatique. Aujourd’hui, elle porte le fardeau de ces rêves brisés et de la culpabilité de celles restées derrière elle : « On me félicite d’être libre, mais une partie de mon cœur est encore prisonnière de cette forêt ».

Hauwa, dix ans de cauchemar

Son calvaire a duré une décennie. Mariée de force à trois reprises, elle a donné naissance à quatre enfants. De retour au Nigeria, le rejet de sa communauté a été une nouvelle épreuve. « On me qualifiait de