Togo renforce son rôle dans la stabilité du Sahel

Face à l’essor des violences jihadistes dans le Sahel, le Togo a présenté une nouvelle stratégie pour renforcer son engagement régional. Lomé se positionne comme un pont entre les pays sous régime militaire (Mali, Niger, Burkina Faso) et la communauté internationale, tout en protégeant ses propres intérêts sécuritaires.

Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo, souligne l’urgence de cette approche : « La zone est devenue un foyer de tensions extrêmes, menaçant la stabilité de toute l’Afrique de l’Ouest. » Selon lui, cette seconde phase de la stratégie togolaise vise à anticiper et contrer cette dynamique dangereuse.

Place de la Confédération des États du Sahel, Mali

Trois axes majeurs pour une diplomatie proactive

La stratégie togolaise s’articule autour de trois piliers essentiels :

  • Renforcer la coopération régionale : Lomé mise sur des partenariats solides avec les pays du Sahel pour garantir la paix et la sécurité collective.
  • Faciliter les conditions de paix : Le Togo ambitionne de créer un environnement propice à la stabilisation politique dans les États dirigés par des juntes militaires.
  • Soutenir la normalisation démocratique : Lomé encourage le retour à l’ordre constitutionnel dans les pays ayant subi des coups d’État, sans pour autant rompre le dialogue.

Jean Emmanuel Gnagnon, expert en gouvernance à l’Université de Lomé, salue ces efforts : « Le Togo a su limiter la propagation des groupes armés vers le sud et éviter une implantation durable des cellules terroristes sur son sol. Comparé à ses voisins, son bilan en matière de prévention des crises est notable. »

Soldats de l'armée togolaise en patrouille

Cependant, les résultats restent partiels. L’expert reconnaît que « les initiatives précédentes ont permis de gagner du temps, mais n’ont pas résolu la crise. Elles ont surtout renforcé les capacités du pays pour éviter un scénario catastrophique. »

Débats sur l’efficacité de la diplomatie togolaise

Madji Diabakaté, politologue, adopte un ton plus critique : « La diplomatie togolaise, lorsqu’elle s’engage sur le dossier du Sahel, rappelle le conte de la grenouille qui voulait égaler le bœuf. Face aux coups d’État, deux enjeux majeurs se posaient : l’insécurité et le rétablissement de la démocratie. Or, aucun de ces deux aspects n’a connu d’évolution significative. »

Certains citoyens togolais partagent cette analyse. Pour eux, le gouvernement devrait d’abord résoudre les tensions internes avant de se lancer dans des médiations régionales. Malgré cela, Robert Dussey défend une position constructive : « Le Togo entretient des relations équilibrées avec ses partenaires, en privilégiant les intérêts communs. »