Cajou en Côte d’Ivoire : une convention historique pour booster la transformation locale

Une avancée majeure pour la filière cajou ivoirienne

Le Groupement des transformateurs de cajou ivoiriens (GTCI), qui fédère des professionnels locaux représentant une capacité de transformation annuelle de 100 000 tonnes de noix brutes, a salué la signature d’une convention de financement inédite. Cet accord tripartite, conclu en juin 2026 entre la Banque nationale d’investissement (BNI), le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) et les transformateurs nationaux, marque un tournant décisif pour l’industrie locale.

Un soutien financier décisif pour les transformateurs

Dans un courrier adressé aux plus hautes autorités du pays, dont le Président de la République, le Premier Ministre Robert Beugré Mambé et le Vice-Premier Ministre, le GTCI, représenté par son président Denis Kouadio, a exprimé toute sa reconnaissance. Cette convention vise à résoudre les défis majeurs auxquels font face les opérateurs : l’acquisition de noix brutes, la gestion des coûts de transformation et l’accès à des financements adaptés pour couvrir les besoins sur l’ensemble de l’année.

Un dispositif innovant pour sécuriser l’approvisionnement

Ce mécanisme, salué comme une avancée structurante, repose sur deux piliers :

  • Le CCA garantit, dès le début de la saison, la fourniture de 20 % des noix brutes nécessaires aux transformateurs locaux.
  • La BNI prend en charge le financement des 80 % restants, ainsi que les besoins en fonds de roulement pour les opérations industrielles et d’exportation.

Cette initiative a été saluée par de nombreux acteurs clés, dont le Vice-Premier Ministre Téné Birahima Ouattara, le ministre du Commerce et de l’Industrie Khalil Konaté, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Coulibaly, ainsi que les dirigeants du CCA et de la BNI. Leur engagement conjoint a permis la mise en place d’un système de financement pérenne, favorisant l’émergence de champions nationaux dans la transformation du cajou.

Vers une industrialisation accélérée de la filière

Avec une production annuelle de 1,5 million de tonnes, la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de noix brutes de cajou. Le pays dispose aujourd’hui de 37 usines de transformation, offrant une capacité installée de plus de 830 000 tonnes. Malgré ces atouts, le taux de transformation locale reste à 43 %, plaçant la Côte d’Ivoire en deuxième position parmi les exportateurs d’amandes de cajou et en troisième place mondiale des transformateurs, selon les données de l’ITC.

Cette convention s’inscrit dans une stratégie plus large visant à augmenter la valeur ajoutée produite localement, renforcer le tissu industriel et créer davantage d’emplois. Les autorités ivoiriennes étudient désormais la possibilité d’étendre ce modèle de financement à d’autres filières, comme celle du cacao, afin de maximiser l’impact économique des transformations locales.