Cameroun : les coulisses des chantiers en suspens avant le remaniement ministériel
À Yaoundé, les couloirs du pouvoir bruissent de rumeurs concernant un remaniement ministériel attendu depuis des semaines. Pourtant, derrière les portes closes, des chantiers stratégiques semblent capter toute l’attention des décideurs. Ces dossiers, loin d’être anodins, pourraient bien expliquer les tergiversations autour de la recomposition du gouvernement.
Des infrastructures au cœur des tensions
Parmi les projets qui monopolisent les discussions, la modernisation des infrastructures routières figure en tête de liste. Depuis des mois, des réunions secrètes se tiennent entre le président Paul Biya et ses proches conseillers, dont Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général à la présidence. Les retards accumulés dans la finalisation de ces chantiers soulèvent des questions sur la priorité accordée aux réformes administratives.
- Un chantier phare : le tronçon autoroutier reliant Yaoundé à Douala, symbolique des enjeux économiques du Cameroun. Son avancée conditionne en partie la crédibilité des engagements pris envers les investisseurs internationaux.
- Un autre dossier sensible : la rénovation des ports, vitaux pour l’exportation des matières premières. Les délais non respectés pourraient aggraver les tensions avec les partenaires commerciaux.
L’ombre des luttes internes
Les observateurs s’interrogent sur l’impact des rivalités au sein de l’entourage présidentiel. Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil, jouerait un rôle clé dans la coordination de ces projets, mais son influence est contestée par d’autres factions. Ces divisions internes pourraient expliquer pourquoi le remaniement, initialement prévu pour mars, reste en suspens.
Les tensions entre les ministères techniques et les services de la présidence compliquent la prise de décision. Certains hauts responsables estiment que la priorité doit être donnée à la stabilité des institutions avant toute recomposition gouvernementale. D’autres, au contraire, y voient une opportunité pour renouveler l’équipe dirigeante et répondre aux attentes de la population.
Un calendrier sous haute pression
Le calendrier politique camerounais est un casse-tête. Entre les élections locales à venir et les pressions internationales pour plus de transparence, le président Biya doit jongler avec des impératifs contradictoires. Les chantiers en cours, bien que nécessaires, risquent de retarder une décision qui tarde à venir.
Dans ce contexte, les Camerounais attendent des clarifications. Le remaniement ministériel, s’il intervient, devra s’accompagner de mesures concrètes pour relancer l’économie et rassurer les partenaires. En attendant, les spéculations continuent de nourrir les débats dans les cercles politiques et économiques du pays.