Côte d’Ivoire : tolérance zéro contre l’excision après l’agression de cinq fillettes à Bongouanou
Côte d’Ivoire : le gouvernement durcit le ton contre les mutilations génitales après un drame à Bongouanou
Bongouanou, Côte d’Ivoire — Le gouvernement ivoirien a réaffirmé avec fermeté sa politique de « tolérance zéro » envers les mutilations génitales féminines (MGF) à la suite d’une excision violente ayant touché cinq fillettes dans la localité de Bongouanou. Cette annonce intervient dans un contexte où les autorités multiplient les actions pour éradiquer ce fléau persistant.
Dans la nuit du mardi 30 juin, au quartier Dioulakro, dans le village de Kangandi (sous la juridiction de Bongouanou), cinq mineures âgées de trois à neuf ans ont été victimes d’une pratique d’une brutalité inouïe. Selon les premiers rapports, cette intervention a provoqué des hémorragies sévères, des rétentions urinaires et des traumatismes psychologiques profonds chez les enfants concernées.
Une mobilisation immédiate des autorités pour sauver les victimes
Alertées par un signalement anonyme, les équipes spécialisées du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, accompagnées du service de la protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse (SPJEJ) ainsi que des forces de l’ordre locales, sont intervenues sans délai. Leur action rapide a permis d’extraire les fillettes de cette situation critique et de les conduire d’urgence à l’Établissement public hospitalier départemental (EPHD) de Bongouanou.
Après une prise en charge médicale et psychologique immédiate, les cinq victimes ont été placées sous la protection du ministère dans un centre spécialisé. Elles bénéficient désormais d’un accompagnement global, incluant des soins médicaux, un soutien psychologique et une assistance sociale pour favoriser leur reconstruction.
Enquête judiciaire en cours et répression renforcée
Sur le plan judiciaire, deux individus ont été appréhendés dès les premières heures de l’intervention. Les investigations se poursuivent activement pour identifier l’ensemble des responsables et complices de cet acte, qui sera jugé avec la plus grande sévérité. Les autorités rappellent que l’excision constitue une infraction grave, passible de lourdes peines selon le code pénal ivoirien.
Cette prise de position s’inscrit dans la continuité des engagements nationaux pris par les plus hautes autorités du pays, notamment lors de la journée du 13 juin dédiée à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), où la Première dame de Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara, avait réitéré la détermination de l’État à éradiquer ces pratiques.
Un appel à la vigilance collective pour éradiquer le fléau
Face à la persistance des MGF en Côte d’Ivoire, les autorités exhortent les populations à une vigilance accrue et à une dénonciation systématique de toute tentative ou acte de mutilation génitale. Une campagne de sensibilisation est également en cours pour informer les communautés sur les conséquences dramatiques de ces pratiques et les inciter à les abandonner définitivement.