Dix matchs de préparation à la coupe du monde qui ont marqué l’histoire des bleus
dix matchs de préparation à la coupe du monde qui ont marqué l’histoire des bleus
Alors que la Coupe du monde 2026 approche à grands pas (le 11 juin), les Bleus de Didier Deschamps peaufinent leur préparation avec deux rencontres amicales décisives : la Côte d’Ivoire à Nantes ce jeudi, puis l’Irlande du Nord à Lille dès demain. Ces derniers galops d’essai s’inscrivent dans une longue tradition où chaque match de préparation a parfois révélé des drames, des exploits ou des surprises. Retour sur dix de ces affrontements qui ont marqué l’histoire de l’équipe de France.
quand la malchance frappe : djibril cissé brisé par la Chine
Le 7 juin 2006, à Saint-Étienne, l’image reste gravée dans les mémoires. Titularisé d’entrée par Raymond Domenech, Djibril Cissé subit un tacle violent du capitaine chinois Zheng Zhi dès son premier contact avec le ballon. Sa jambe droite se brise net : double fracture du tibia et du péroné. Un choc identique à celui subi deux ans plus tôt avec Liverpool contre Blackburn. Ce jour-là, la France s’incline 3-1, mais la blessure de Cissé va bien au-delà du score. Elle prive les Bleus d’un attaquant clé pour ce Mondial, où ils atteindront tout de même la finale.
zidane blessé en corée du sud : le début de la fin
Le 26 mai 2002, en Corée du Sud, Zinédine Zidane, fraîchement auréolé de sa victoire en Ligue des champions avec le Real Madrid, se blesse à la cuisse gauche lors d’un match contre les hôtes coréens. Fatigué après un périple entre Madrid, la naissance de son deuxième enfant et le Japon, le meneur de jeu des Bleus ne peut empêcher l’équipe de France de sombrer. Ce revers face à une modeste équipe locale annonce un Mondial catastrophique : élimination dès le premier tour.
Le terrain, bosselé et inégal, n’a fait qu’ajouter à la frustration des joueurs, dont Jean Tigana qui dénoncera plus tard les conditions imposées par les organisateurs.
le « meurtrier » en maillot n°21
Le 5 juin 1998, à Helsinki, la Finlande résiste vaillamment aux Bleus menés par Aimé Jacquet. Malgré l’ouverture du score de David Trezeguet, les Finlandais égalisent. Christophe Dugarry, auteur d’une prestation décevante, se fait qualifier d’« assassin » par le commentateur Jean-Michel Larqué. Vexés, les joueurs refusent de se rendre sur le plateau de Téléfoot le lendemain. Une semaine plus tard, Stéphane Guivarc’h, peu expérimenté en équipe nationale, hérite du numéro 21 et marque le but décisif contre l’Afrique du Sud. Les Bleus remporteront ensuite leur premier titre mondial.
fontaine et sa légende : 24 buts en deux matchs
En 1958, en Suède, l’équipe de France, coachée par Albert Batteux, écrase une sélection locale de troisième et quatrième division à Narke. Just Fontaine, alors peu connu en Bleu, réalise un quadruplé lors du premier match, puis récidive la semaine suivante avec un nouveau quadruplé dans un match « supérieur ». Ces performances lancent la carrière du futur recordman de buts en une seule Coupe du monde (13 buts). Entre-temps, René Bliard se blesse grièvement, laissant Fontaine s’imposer comme l’attaquant phare.
la croisière du conte verde : des liens en 1930
Treize jours de traversée à bord du Conte Verde entre Villefranche-sur-Mer et Montevideo ont forgé une cohésion unique. À peine débarqués, les Français affrontent la Roumanie dans un match amical avant leur entrée en lice pour la première Coupe du monde de l’histoire. Malgré une victoire 4-2, les Bleus, dont plusieurs joueurs étaient sélectionnés par le roi Carol II de Roumanie, ne passeront pas le premier tour. Pourtant, cette aventure maritime restera un symbole de l’esprit d’équipe.
l’équipe de remplacement qui tourne au désastre
Le 30 mai 1954, en Belgique, le sélectionneur Gaston Barreau aligne un onze entièrement remanié à un mois du Mondial suisse. Cinq cadres, dont René Vignal et Joseph Ujlaki, sont écartés. Résultat : un match nul 3-3, dans un chaos tactique total. Pendant ce temps, une équipe de France B affronte l’Espagne (0-2). Ces expérimentations ont contribué à une élimination prématurée en Suisse.
l’impatience tactique de kimpton
En 1934, l’Anglais George Kimpton, nouveau sélectionneur, tente d’imposer le système tactique W.M. (3 défenseurs, 2 milieux, 5 attaquants) aux Bleus. À Amsterdam, la défense française craque face aux Pays-Bas (4-5). Kimpton, désavoué, lancera un avertissement à son demi-défensif Georges Verriest lors du Mondial italien : « S’il va aux toilettes, tu y vas aussi ! » Une phrase qui résume l’échec de cette approche.
michel platini sous pression en Tunisie
Le 19 mai 1978, une semaine après avoir appris qu’Albert Gemmrich, buteur contre l’Iran, ne faisait pas partie des 22 sélectionnés pour l’Argentine, les Bleus de Michel Hidalgo affrontent la Tunisie. Sous une banderole appelant au boycott du Mondial en raison de la dictature argentine, les Français, hués par le public, peinent en première mi-temps. Platini, entré en jeu, ouvre le score (2-0) et sauve l’honneur. Mais cette préparation chaotique annonce une élimination au premier tour.
la farce des trois tiers-temps au guatemala
Le 21 mai 1986, au Mexique, Henri Michel impose un match en trois périodes de 33 minutes à ses joueurs contre le Guatemala. À 2 230 mètres d’altitude, sur un terrain accidenté, les Bleus jouent en rouge et commencent à midi. Jean Tigana proteste : « Des publicitaires de haut niveau nous imposent de jouer à midi. » La France s’impose 8-1, mais cette préparation, jugée absurde, laisse un goût amer.
la débâcle écossaise
En 1966, pour préparer le Mondial anglais, la France affronte des équipes locales écossaises. Après deux matchs faciles (Gala Fairydean Rovers 8-1, Vale of Leithen 8-0), les Bleus écrasent Selkirk 11-2. Pourtant, Lucien Muller, titularisable, boycotte le match, critiquant la gestion des sélectionneurs. Henri Guérin saluera un « état d’esprit formidable »… qui ne suffira pas à éviter une élimination au premier tour en Angleterre.
belgique-France : un match sans queue ni tête
Le 10 juillet 1930, en Roumanie, la France domine 4-2. Pourtant, cette victoire ne sera qu’un feu de paille. Le roi Carol II, qui a sélectionné ses joueurs parmi ses employés, leur avait accordé trois mois de disponibilité. Malgré cette préparation royale, les Bleus quitteront le Mondial après le premier tour, confirmant que chaque match de préparation a ses limites.