Drame sur le lac Tchad : des dizaines de pêcheurs nigérians victimes de frappes aériennes
Une opération militaire de grande envergure menée par l’armée du Tchad contre des positions terroristes sur le lac Tchad aurait entraîné la mort de nombreux civils. Selon plusieurs témoignages concordants, des pêcheurs nigérians ont été pris sous le feu des bombardements alors qu’ils se trouvaient dans des zones contrôlées par des groupes insurgés.
Des raids aériens ciblant les bastions de Boko Haram
Depuis plusieurs jours, l’aviation tchadienne multiplie les incursions sur les îles du bassin du lac Tchad, aux frontières du Nigeria, du Niger et du Tchad. Ces frappes visent à déloger les combattants de Boko Haram suite à une attaque récente contre les forces gouvernementales. L’île de Shuwa, considérée comme un centre névralgique pour les djihadistes mais aussi comme une zone de pêche majeure, a été l’une des cibles principales de ces raids.
Un lourd tribut pour les pêcheurs du Nigeria
Le bilan humain parmi les travailleurs de la mer est alarmant. Un responsable syndical local rapporte la disparition d’au moins 40 pêcheurs nigérians, dont beaucoup auraient péri noyés durant les attaques. Des rescapés originaires de Baga, dans le nord-est du Nigeria, et de l’État de Taraba, ont témoigné de la violence des bombardements. Ces civils s’aventuraient dans ces zones dangereuses pour subvenir à leurs besoins, après avoir été contraints de payer une taxe de passage imposée par les insurgés de Boko Haram.
Une coopération régionale mise à rude épreuve
Le lac Tchad, vaste étendue d’eau partagée entre le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun, demeure un sanctuaire pour Boko Haram et l’ISWAP depuis plus d’une décennie. Si une force multinationale mixte avait été activée en 2015 pour sécuriser la région, l’alliance s’est fragilisée, notamment après le départ du Niger de ce dispositif militaire en 2025. À ce stade, les autorités militaires tchadiennes n’ont pas encore émis de déclaration officielle concernant les allégations de victimes civiles lors de ces opérations.