Femmes dans les mines maliennes : un combat quotidien contre la pauvreté et la mort
Un terrible éboulement survenu le vendredi 9 janvier 2026 à Kéniéty, dans le cercle de Kéniéba, a emporté la vie de six femmes. Ce drame met en lumière une vérité poignante : la pauvreté extrême qui force des mères de famille à affronter chaque jour le danger de mort pour assurer leur subsistance.
Une lutte pour la survie dictée par la faim
Ce n’est pas par choix, mais par une impérieuse nécessité que ces femmes se retrouvent sur les sites d’orpaillage instables. La volonté de nourrir leurs enfants et de couvrir les besoins fondamentaux de leur foyer les contraint à accepter des conditions de travail inhumaines. Dans la région de Kayes, il est courant de les voir travailler d’arrache-pied pendant plus de douze heures quotidiennes, sous une chaleur écrasante, pour espérer récolter quelques paillettes d’or.
Cette précarité les conduit inévitablement vers les secteurs les plus dangereux des exploitations minières. Souvent mises à l’écart des galeries les plus lucratives, monopolisées par les hommes, elles sont contraintes de travailler dans des fosses délaissées ou d’anciennes mines à la structure fragilisée. Ces zones « résiduelles », jugées trop risquées par les autres orpailleurs, se transforment en pièges mortels lorsque leurs parois s’effondrent.
Des dangers multiples au-delà des éboulements
La menace ne se résume pas aux effondrements, bien que spectaculaires. En raison de leur situation économique précaire, ces femmes sont exposées à un ensemble de risques sanitaires et sociaux. Elles manipulent fréquemment des substances toxiques, comme le mercure, sans aucune protection, ce qui les expose à des maladies graves et permanentes. De plus, leur quête d’or les rend particulièrement vulnérables à l’exploitation et aux violences basées sur le genre sur les sites miniers.
La tragédie de Kéniéty, qui a vu périr six femmes dont deux étaient mariées, est une illustration parfaite de ce cercle vicieux. Elles tentaient de récupérer quelques pépites en grattant les parois d’une mine anciennement exploitée par une société chinoise lorsqu’un éboulement soudain les a piégées. Malgré les efforts des secouristes locaux et leurs moyens limités, la masse de terre a scellé leur destin.
La nécessité impérieuse d’alternatives économiques
Pour les communautés locales comme celle de Dialafara, la gestion des sites après leur exploitation est un enjeu majeur de sécurité. L’abandon de mines à ciel ouvert par les entreprises minières crée des dangers permanents pour les populations les plus démunies. Une demande forte émerge : le remblayage systématique de ces sites après exploitation, une mesure préventive essentielle pour éviter que des femmes désespérées ne s’y aventurent.
Mais la sécurisation des infrastructures ne suffit pas. La véritable solution réside dans l’autonomisation économique de ces femmes. Il est crucial que les autorités de la transition, par le biais des services sociaux, mettent en place des programmes pour renforcer leurs compétences et les guider vers des activités génératrices de revenus alternatives. Sans options viables en dehors de l’orpaillage, la pauvreté continuera de pousser des victimes dans les profondeurs dangereuses de la terre malienne.