Fujimori officialise le soutien du pérou au plan marocain pour le Sahara
Fujimori officialise le soutien du Pérou au plan marocain pour le Sahara
- Keiko Fujimori, présidente fraîchement élue du Pérou, valide auprès de l’ambassadeur du Maroc le soutien de son pays à la résolution 2797 de l’ONU sur le Sahara
- Cette annonce marque un tournant après des décennies de relations ambiguës entre Lima et le Polisario
- Soutien au plan d’autonomie pour le Sahara
- Fin de l’ambiguïté diplomatique avec le Maroc
- Retour sur les relations ambivalentes du Pérou avec le Polisario
- Offensive diplomatique marocaine en Amérique latine
Dès les premiers jours de son mandat, Keiko Fujimori, présidente fraîchement élue du Pérou, a clarifié un axe majeur de sa diplomatie extérieure : le soutien indéfectible à l’intégrité territoriale du Maroc, notamment dans la question du Sahara occidental.
Cette orientation a été officialisée lors d’un entretien avec l’ambassadeur du Maroc au Pérou, Amine Chaoudri, venu lui remettre une missive de félicitations du roi Mohammed VI. La nouvelle présidente a réaffirmé son appui au plan d’autonomie proposé par Rabat, salué comme une solution réaliste par la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Soutien au plan d’autonomie pour le Sahara
Selon les déclarations de son cabinet, Keiko Fujimori a confirmé que son gouvernement apporterait un soutien total à l’initiative marocaine d’autonomie pour le Sahara, tout en s’alignant sur la résolution 2797 de l’ONU. Cette position marque un alignement clair avec la vision marocaine du conflit, en opposition aux soutiens passés accordés au Front Polisario par certains gouvernements péruviens.
Lors de cette entrevue, l’ambassadeur marocain a transmis à la présidente péruvienne une lettre du souverain marocain, dans laquelle celui-ci exprimait sa joie pour l’élection de Fujimori et rappelait l’importance des liens historiques entre les deux nations : « À l’occasion de votre élection à la présidence du Pérou, je tiens à vous exprimer mes plus vives félicitations pour la confiance que le peuple péruvien vous a accordée. » Il a également souligné l’excellence des relations bilatérales, fondées sur « une amitié solide et des valeurs partagées », et exprimé sa volonté de renforcer ce partenariat « au bénéfice mutuel de nos deux peuples ».
Fin de l’ambiguïté diplomatique avec le Maroc
L’annonce de Fujimori rompt avec des décennies de politique ambivalente du Pérou envers le conflit du Sahara. Plusieurs analystes y voient un signal fort en faveur d’une stabilité accrue dans la région, mettant fin à des années de soutien tantôt implicite, tantôt explicite au Polisario.
Il faut remonter à 1984, sous la présidence de Fernando Belaúnde Terry, pour trouver la première reconnaissance péruvienne de la RASD, la République arabe sahraouie démocratique autoproclamée. Son successeur, Alan García, avait même établi des relations diplomatiques complètes avec cette entité en 1987, avant que le président Alberto Fujimori, père de l’actuelle dirigeante, ne suspende ces liens en 1996.
Depuis lors, la position du Pérou sur la question est restée fluctuante, oscillant entre neutralité et soutiens occasionnels au Polisario, notamment sous les mandats de Pedro Castillo, dont les décisions ont été annulées puis rétablies avant sa destitution.
Retour sur les relations ambivalentes du Pérou avec le Polisario
Pedro Castillo, en septembre 2021, a rétabli les relations diplomatiques avec le Front Polisario, une décision controversée qui a été contestée par son propre ministre des Affaires étrangères. Malgré l’annulation de cette mesure en août 2022, Castillo a maintenu son soutien à l’entité séparatiste jusqu’à sa destitution en décembre 2022. Sa successeure, Dina Boluarte, a suspendu les relations avec le Polisario en septembre 2023, sans pour autant adhérer au plan d’autonomie marocain, conservant ainsi une position neutre mais non alignée.
Les présidents suivants, José Jeri et José María Balcázar, n’ont pas eu le temps de modifier cette posture avant la fin de leurs mandats précaires. L’arrivée de Keiko Fujimori marque donc un retour à la position ferme adoptée par son père en 1996, tout en allant plus loin : reconnaissance totale de l’intégrité territoriale marocaine, soutien à l’autonomie du Sahara et adhésion à la résolution 2797 de l’ONU.
Offensive diplomatique marocaine en Amérique latine
Ce revirement péruvien s’inscrit dans un contexte plus large : l’offensive diplomatique marocaine en Amérique latine, où le Front Polisario bénéficiait traditionnellement de nombreux soutiens. Grâce à une stratégie combinant coopération économique, échanges culturels et universités, le Maroc a réussi à consolider des relations stratégiques avec plusieurs pays de la région, renforçant son rôle de pont entre l’Afrique, l’Europe et le monde arabe.
Cette dynamique a conduit de nombreux États à réévaluer leur position : plusieurs pays ayant reconnu la RASD ont depuis suspendu leur reconnaissance ou leurs liens diplomatiques, parmi lesquels la Colombie, le Guatemala, le Paraguay, la République dominicaine, Haïti, la Jamaïque, le Salvador, la Guyane, l’Équateur et le Panama.
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