Sanctions onusiennes contre les chefs armés en RDC : Corneille Nangaa et cinq autres dans le viseur

L’ONU frappe six figures majeures des groupes armés en RDC : Corneille Nangaa en tête de liste

Le Comité des sanctions des Nations unies a officialisé, ce 16 juillet, l’inscription de six personnalités et deux entités sur sa liste noire. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la résolution 1533 (2004) relative à la République démocratique du Congo, où l’instabilité persiste dans l’Est du pays.

Des sanctions ciblées contre les principaux instigateurs de violences

Parmi les individus sanctionnés, Corneille Nangaa, identifié comme le leader de l’Alliance des Forces Démocratiques (AFC/M23), figure en première position. Déjà sous le coup de mesures restrictives de l’ONU, il se voit désormais accompagné de cinq autres figures clés du paysage sécuritaire congolais.

John Imani Nzenze, présenté comme le responsable du renseignement au sein du M23, est visé pour son implication présumée dans la planification et le soutien logistique aux opérations du groupe rebelle.

Des commandants des FDLR et des ADF également ciblés

Le texte onusien touche également deux officiers des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) :

  • Sébastien Uwimbabazi, général de brigade basé à Rutshuru, accusé de participer à la déstabilisation de la région ;
  • Gustave Kubwayo, alias « Sirkoof », commandant des FDLR-FOCA et chef du Commando de Recherche et d’Action en Profondeur (CRAP), notoire pour ses exactions contre les populations civiles, ses pratiques d’enlèvements contre rançon et l’exploitation illégale des ressources naturelles.

Muhammed Lumisa, médecin et responsable de la logistique extérieure des Forces Démocratiques Alliées (ADF) — un groupe d’origine ougandaise actif en RDC — ainsi que Charles Sematama, colonel et chef militaire du groupe Twirwaneho (présent dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu), complètent cette liste noire. Ce dernier est notamment accusé d’exactions répétées contre les civils depuis la création de son mouvement entre 2008 et 2010.

Deux entités placées sous embargo

En plus des individus, deux structures sont désormais soumises à des restrictions : l’Alliance des Forces Démocratiques (AFC), fondée en 2023, et le groupe Twirwaneho. Ces nouvelles sanctions prévoient le gel des avoirs, une interdiction de voyager et un embargo sur les armes à leur encontre.

Un contexte sécuritaire toujours préoccupant

Cette décision intervient alors que les combats persistent dans l’Est de la RDC, alimentant les craintes de la communauté internationale quant à l’escalade des violences et à leur impact humanitaire. Les sanctions visent ainsi à affaiblir les capacités opérationnelles des groupes armés et à protéger les populations civiles.

Ces mesures s’ajoutent aux efforts diplomatiques en cours pour rétablir la stabilité dans une région marquée par des décennies de conflits et de tensions transfrontalières.

Corneille Nangaa lors d’une conférence de presse à Goma.