Gabon : comment la ZLECAF peut booster les exportations africaines
Avec l’avènement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), offrant un marché de 1,4 milliard de consommateurs, le Gabon peine encore à s’imposer comme un acteur clé auprès de ses voisins. Aujourd’hui, les produits gabonais envoyés vers le reste du continent ne représentent que 8,9 % de l’ensemble de ses exportations. Un chiffre, issu des dernières analyses économiques, qui révèle l’ampleur du défi qui attend Libreville.
Cette situation s’explique en partie par la dépendance du pays aux importations africaines : le continent assure 28,3 % des approvisionnements nationaux, faisant de l’Afrique le deuxième fournisseur du Gabon après l’Europe.
La ZLECAF, une opportunité pour diversifier l’économie gabonaise
Cette disparité commerciale n’a pas échappé aux autorités. En 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a échangé avec Wamkele Mene, secrétaire général de la ZLECAF, pour accélérer l’intégration du Gabon dans ce vaste espace économique. L’objectif est clair : réduire la dépendance aux hydrocarbures, pilier historique de l’économie nationale.
Pour y parvenir, Libreville mise sur des secteurs porteurs comme l’agro-industrie, les mines et les services. En capitalisant sur un commerce intra-africain estimé à 230 milliards de dollars cette année, le pays espère inverser la tendance et capter une part plus importante de ce marché en pleine expansion.
Nkok, la plateforme industrielle qui pourrait tout changer
Le Gabon dispose déjà d’atouts majeurs pour réussir cette transition. Lors de sa visite, le représentant de la ZLECAF a souligné le rôle central de la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok. Ce pôle industriel, capable de produire des biens transformés à haute valeur ajoutée, pourrait devenir un moteur de l’exportation vers toute la sous-région. Grâce à une économie numérique en plein essor et une position géographique avantageuse au cœur de l’Afrique centrale, le pays est bien positionné pour saisir de nouvelles opportunités commerciales.
Surmonter les obstacles à l’intégration régionale
Pourtant, le chemin reste semé d’embûches. En Afrique centrale, les échanges sont freinés par des infrastructures de transport insuffisantes et des coûts logistiques exorbitants. Un paradoxe alors que la ZLECAF vise à porter la part du commerce intra-africain à plus de 50 % d’ici 2035.
La stratégie gabonaise est donc définie : moderniser ses réseaux, industrialiser davantage ses ressources locales et faire de la ZLECAF le levier de sa résilience économique.