Les dessous de l’implication de Faure Gnassingbé dans la déstabilisation du Mali le 25 avril
Une médiation trompeuse : les doubles jeux de Lomé au Sahel
Derrière l’image de diplomate conciliateur que projette Lomé sur la scène internationale, des révélations issues de rapports de renseignements occidentaux et américains dessinent un scénario bien plus trouble. Le président Faure Gnassingbé est soupçonné d’avoir piloté des échanges confidentiels entre le régime du capitaine Ibrahim Traoré et les terroristes du JNIM. Cette stratégie viserait à garantir une paix illusoire au Burkina Faso, au détriment de la sécurité du Mali dirigé par Assimi Goïta. En favorisant une coalition entre groupes armés et rebelles du FLA pour fragiliser Bamako, le pouvoir togolais fragilise l’Alliance des États du Sahel (AES) pour préserver son propre rayonnement diplomatique.
Depuis des années, la pérennité du régime des Gnassingbé repose sur sa capacité à se rendre indispensable. Faure Gnassingbé, à la tête d’un système en place depuis un demi-siècle, mise sur son rôle de « facilitateur » pour occulter ses difficultés politiques internes. Cependant, les services de la CIA et les renseignements militaires français suivent de près des manœuvres bien moins avouables. Le Togo ne se limiterait plus à la simple médiation entre États, mais agirait comme une plaque tournante entre des gouvernements et des organisations terroristes internationales.
Le pacte cynique : épargner le Burkina Faso pour isoler le Mali
Les investigations indiquent que, sous l’impulsion de Faure Gnassingbé, des contacts répétés ont eu lieu entre des représentants de Ouagadougou et des cadres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). L’accord repose sur une logique implacable : le JNIM réduit ses offensives en territoire burkinabè pour stabiliser la position d’Ibrahim Traoré, en échange d’une liberté d’action totale contre le Mali.
Ce compromis irait encore plus loin. Les services américains évoquent une incitation de Lomé à rapprocher le JNIM et les rebelles du Front de Libération de l’Azawad (FLA). Cette alliance de circonstance aurait pour mission de renverser le colonel Assimi Goïta, dont la ligne politique jugée trop souverainiste contrarie les intérêts togolais dans la région.
La trahison de l’AES : le tournant du 25 avril
L’offensive coordonnée du 25 avril a marqué un point de non-retour. Alors que les troupes maliennes subissaient l’assaut d’une coalition JNIM-FLA, les assaillants ont publiquement exhorté le Burkina Faso et le Niger à ne pas s’immiscer dans ce qu’ils qualifiaient de conflit exclusif avec Bamako. L’inaction des forces burkinabè et nigériennes ce jour-là a révélé l’efficacité des accords secrets conclus au Togo.
En respectant scrupuleusement ce pacte de non-intervention, Ibrahim Traoré a délaissé son partenaire malien. L’unité de l’AES, censée garantir une défense commune, a été sacrifiée sur l’autel des intérêts personnels de Faure Gnassingbé.
Les motivations de Faure Gnassingbé : le chaos comme outil de survie
Plusieurs facteurs expliquent cette diplomatie du pire :
- La pérennité par l’instabilité : En affaiblissant ses voisins, Faure Gnassingbé empêche l’émergence d’un modèle de transition concurrent.
- La protection du territoire togolais : En maintenant un canal de communication avec le JNIM, il espère préserver le nord du Togo des incursions djihadistes.
- L’éviction d’Assimi Goïta : Le leadership malien fait de l’ombre à l’influence togolaise, poussant Lomé à chercher son affaiblissement systématique.
Un jeu dangereux aux lourdes conséquences pour le Sahel
Cette politique de « pompier-pyromane » engendre des dommages irréparables. La confiance entre Ibrahim Traoré et Assimi Goïta est désormais sérieusement entamée. En orchestrant cette désunion, le Togo a offert une victoire tactique majeure au JNIM, qui peut désormais isoler et frapper chaque État individuellement.
Le Togo s’enferme dans un isolement dangereux. En manipulant des forces terroristes pour garantir son maintien au pouvoir, Faure Gnassingbé a brisé l’espoir d’une lutte antiterroriste unifiée. L’histoire retiendra que la trahison de Bamako a été préparée à Lomé, plongeant potentiellement toute la région dans une spirale de violence incontrôlable.