Lutte contre la corruption au Burkina Faso : magistrats et douaniers dans le viseur de la junte

Au Burkina Faso, la lutte contre l’impunité prend une nouvelle tournure. Le Korag, organe de suivi de la vision stratégique nationale instauré l’an dernier, a mis en lumière un dossier de corruption datant de quatre ans. Cette affaire concerne des agents des douanes soupçonnés d’avoir orchestré un système de racket ciblant les transporteurs routiers pour faciliter le passage de leurs marchandises.

Les preuves accumulées par les enquêteurs semblent accablantes. Des perquisitions menées aux domiciles et dans les bureaux des suspects ont permis de saisir d’importantes liquidités. De plus, des enregistrements vidéo montrant les délits en flagrant délit et des témoignages directs viennent étayer les accusations de corruption portées par le Korag.

Une justice sous influence ?

Pourtant, malgré ces éléments matériels, les douaniers incriminés avaient initialement bénéficié d’un non-lieu. La junte dénonce aujourd’hui ce qu’elle considère comme une compromission au sein de l’appareil judiciaire. Dix hauts magistrats de la cour d’appel de Ouagadougou, ainsi qu’un avocat, sont accusés d’avoir perçu des pots-de-vin. Ces sommes auraient servi à blanchir les suspects et à divulguer l’identité des témoins protégés.

Qualifiant la procédure de « mascarade judiciaire », le Korag pointe du doigt une défaillance majeure dans la protection des témoins et l’intégrité du système. Cette situation a conduit à l’interpellation des magistrats concernés le mois dernier. Les autorités de transition affirment que des sanctions disciplinaires et des poursuites judiciaires seront rigoureusement appliquées contre tous les acteurs impliqués dans ces pratiques illicites.