Mali : le partenariat avec la Russie en question après les échecs militaires
Une stratégie sécuritaire sous le feu des critiques
Les récents événements au Mali ont mis à mal le narratif d’une libération par l’Est, notamment à Kati et à Kidal. Ce samedi, les limites des Africa Corps sur le terrain ont révélé une réalité bien moins glorieuse que prévu. Les discours enthousiastes autour du partenariat avec la Russie s’effritent, et les figures comme Kemi Seba, autrefois ferventes partisanes de cette alliance, semblent désormais chercher une sortie de secours.
À Bamako et dans les garnisons du Nord, l’ambiance est loin d’être optimiste. Les explosions qui ont secoué Kati, symbole du pouvoir militaire, ont rappelé une vérité crue : la collaboration avec Moscou, présentée comme une solution miracle contre les groupes armés, montre ses faiblesses. Les attaques coordonnées, les blindés réduits en cendres et une insécurité persistante témoignent d’un échec cuisant pour une stratégie reposant uniquement sur l’aspect militaire.
L’illusion d’une sécurité instantanée
Pendant des mois, les promesses ont été nombreuses : des instructeurs russes pour nettoyer le pays en un temps record. Pourtant, aujourd’hui, le constat est sans appel. Les attaques se multiplient, les camps militaires sont harcelés, et la stabilité promise reste un mirage. La stratégie du « tout-militaire » avec la Russie n’a pas seulement déçu : elle a braqué l’opinion publique sans apporter de résultats tangibles.
Kemi Seba : l’activiste pris à son propre piège
Kemi Seba, figure emblématique de la rupture avec l’Occident, incarne désormais les contradictions de cette alliance. Ses discours enflammés sur les réseaux sociaux contrastent avec ses aveux en privé. Des enregistrements diffusés sur WhatsApp révèlent un Seba bien moins enthousiaste qu’il n’y paraît. Dans ces conversations, il n’hésite pas à qualifier les Russes d’« opportunistes de la pire espèce ».
Le ton est sans équivoque : Moscou ne joue pas la carte du partenariat désintéressé. Il s’agit d’un échange transactionnel, où quelques mercenaires et du matériel sont échangés contre un accès aux ressources naturelles, notamment les mines d’or. Seba admet, presque malgré lui, que si la Russie se comporte comme un « nouveau colonisateur », elle sera évincée aussi rapidement que les anciens maîtres. Un aveu d’échec pour celui qui a vendu cette alliance comme une révolution géopolitique.
Un bilan désastreux pour les populations et l’armée
Pendant que les idéologues débattent de la moralité de leurs choix, c’est la population malienne qui paie le prix fort. Les soldats, les civils, tous ceux qui espéraient une amélioration de la situation se retrouvent face à une réalité brutale : le partenariat avec la Russie n’a pas apporté la sécurité promise. Les offensives récentes prouvent que le modèle est défaillant. En remplaçant un maître par un autre, les dirigeants ont simplement changé de drapeau sans résoudre les problèmes de fond.
Le Mali est aujourd’hui à la croisée des chemins. D’un côté, une armée russe qui ne tient pas ses promesses, de l’autre, des leaders qui cherchent à se distancier d’un partenariat devenu toxique. Le réveil est douloureux, et les conséquences pourraient s’avérer lourdes pour Bamako, tant sur le plan sécuritaire qu’économique.