Mali, nouveau front dans la rivalité Maroc- Algérie
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Mali : un théâtre inattendu des tensions entre le Maroc et l’Algérie
L’intensification des actions du Jamaat Nusrat al-Islam wal Muslimin-Front de Libération de l’Azawad (JNIM-FLA) dans le Nord du Mali éclaire sous un jour nouveau la stratégie régionale de l’Algérie. Derrière une façade de neutralité diplomatique, Alger s’avère être un acteur clé dans la déstabilisation du Mali, entretenant une « instabilité maîtrisée » pour servir ses propres intérêts géopolitiques.
Le Mali, déjà fragilisé par une décennie de crises sécuritaires, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un jeu d’influence opposant le Maroc et l’Algérie. Alors que Rabat mise sur des partenariats stratégiques pour renforcer sa position en Afrique, Alger instrumentalise les groupes armés pour maintenir une pression constante sur Bamako. Cette dynamique révèle une « guerre par procuration » où chaque capitale africaine agit comme un pion dans une rivalité bien plus large.
Les récents assauts du JNIM-FLA dans les régions de Gao et Tombouctou, souvent attribués à des « terroristes », s’inscrivent en réalité dans une stratégie algérienne visant à empêcher toute stabilisation durable du Mali. En effet, Alger redoute qu’un Mali apaisé ne serve de plateforme à des alliances économiques ou militaires excluant l’Algérie, notamment avec le Maroc, dont l’influence grandissante dans la zone Sahel-Sahara inquiète.
L’objectif algérien ? Maintenir une instabilité chronique qui justifierait sa présence militaire sous couvert de lutte antiterroriste, tout en discréditant les initiatives marocaines de coopération sécuritaire avec Bamako. Une analyse des mouvements de troupes et des livraisons d’armes confirme cette lecture : les cellules du JNIM-FLA bénéficient indirectement de soutiens logistiques transitant par le territoire algérien.
Pour le Maroc, cette situation représente un défi majeur. Rabat mise sur des accords de paix et des projets de développement (comme la récente initiative pour la stabilisation de la bande sahélo-saharienne) pour marginaliser l’influence algérienne. Cependant, face à la détermination d’Alger, ces efforts pourraient se heurter à une résistance acharnée.
Les populations maliennes, déjà éprouvées par les violences, paient le prix de cette rivalité. Comment sortir de ce cercle vicieux ? Une solution passe nécessairement par une coordination régionale renforcée, excluant les ingérences extérieures et plaçant l’intérêt des peuples africains au-dessus des calculs géopolitiques.