Migrants africains expulsés vers le Cameroun : plainte historique à Yaoundé

Migrants africains expulsés vers le Cameroun : plainte historique à Yaoundé

Trente-six migrants en provenance d’Afrique subsaharienne et du Maghreb ont déposé une plainte inédite devant les tribunaux de Yaoundé à la fin du mois de juillet. Ces ressortissants, originaires de la République démocratique du Congo (RDC), du Ghana, de l’Angola, de l’Éthiopie, de la Sierra Leone, du Kenya, du Sénégal, du Zimbabwe et du Maroc, avaient auparavant bénéficié de protections juridiques aux États-Unis les empêchant d’être renvoyés dans leur pays d’origine.

Portrait d'un groupe de migrants expulsés vers le Cameroun

Une action en justice pour suspendre l’accord migratoire camerouno-américain

À travers leur recours, ces personnes demandent aux autorités camerounaises de suspendre l’accord migratoire conclu avec Washington. Leur avocat, Maître Joseph Fru Awah, plaide pour une clarification du statut juridique de ces migrants sur le territoire camerounais et pour l’interdiction de leur renvoi vers leur pays d’origine.

Dans une déclaration rapportée par les médias, Maître Joseph Fru Awah a insisté sur l’illégalité potentielle de cet accord selon le droit international et national :

Notre demande au tribunal est claire : suspendre l’échange de notes entre le Cameroun et les États-Unis, clarifier le statut juridique de ces personnes et empêcher leur refoulement. Nous ne nous interrogeons pas sur les intérêts financiers de cet accord, mais sur sa légalité. Un accord entre deux États souverains doit respecter les procédures légales nationales et internationales.

Des conditions de vie précaires pour les migrants expulsés

Les conditions de vie de ces migrants au Cameroun suscitent de vives inquiétudes. Selon leur avocat, ces personnes, traumatisées psychologiquement, font face à une situation alarmante. Certains ont été hospitalisés à plusieurs reprises en seulement six mois, illustrant l’urgence de leur situation.

Six mois après leur arrivée, plusieurs de ces migrants ont été hospitalisés jusqu’à cinq fois. La situation est pitoyable et déplorable. C’est précisément pour cette raison que nous avons engagé cette procédure judiciaire.

Un recours pour protéger des vies et des droits fondamentaux

Cette plainte représente une démarche juridique majeure visant à protéger les droits de ces migrants et à remettre en question les modalités de leur expulsion depuis les États-Unis. Les plaignants espèrent obtenir gain de cause devant les tribunaux camerounais, où la légalité des accords migratoires sera examinée à la lumière du droit national et international.