Niger premier pays africain à éliminer l’onchocercose selon l’oms
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient de confirmer que le Niger a atteint un objectif historique : devenir le premier pays de la Région africaine à interrompre la transmission de l’onchocercose, aussi appelée cécité des rivières. Cette maladie parasitaire, transmise par des mouches noires, touchait autrefois près de 60 % des populations rurales du pays.
« L’élimination d’une maladie représente une victoire majeure pour la santé publique », a souligné le Docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Nous adressons nos plus vives félicitations au Niger pour son engagement sans faille à libérer sa population de cette affection dévastatrice, source de stigmatisation et de pauvreté. Ce triomphe illustre le potentiel de la lutte contre les maladies tropicales négligées et offre un espoir concret aux nations encore confrontées à ce fléau. »
L’onchocercose, deuxième cause infectieuse de cécité au monde, se propage via les piqûres de mouches noires vivant près des cours d’eau. Principalement présente en Afrique subsaharienne et au Yémen, elle affecte particulièrement les communautés rurales dépendantes de ces ressources hydriques pour leur survie.
Le Niger, pionnier grâce à des stratégies innovantes et une collaboration exemplaire
Dès 1976, le Niger a initié une lutte antivectorielle sous l’égide du Programme OMS de lutte contre l’onchocercose en Afrique de l’Ouest (OCP). Cette approche, combinant pulvérisations d’insecticides et distributions massives de médicaments, a permis de réduire drastiquement la transmission de la maladie.
Entre 2008 et 2019, une campagne d’administration massive d’ivermectine (fournie par Merck Sharp & Dohme) et d’albendazole a été menée dans les zones encore touchées par la filariose lymphatique. Cette initiative a eu un double avantage : traiter deux maladies simultanément et accélérer l’élimination de l’onchocercose. Les données épidémiologiques et entomologiques ont confirmé l’efficacité de cette stratégie, avec une chute spectaculaire de la prévalence, passant de 60 % à seulement 0,02 %.
Le succès du Niger repose également sur un partenariat solide entre le gouvernement, l’OMS et les organisations non gouvernementales. Ce réseau a permis de mobiliser des ressources essentielles, d’adapter les interventions en temps réel et d’assurer un suivi rigoureux des progrès. Comme le rappelle la Docteure Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique : « L’onchocercose a privé des générations de familles de leurs moyens de subsistance, en les éloignant des rivières vitales. Aujourd’hui, le Niger brise ce cycle de souffrance et s’impose comme un modèle en santé publique. »
Cette prouesse n’est pas une première pour le pays : en 2013, le Niger avait déjà éradiqué la dracunculose (maladie du ver de Guinée), démontrant ainsi son leadership dans la lutte contre les maladies tropicales négligées.
Un exemple à suivre pour la planète
À l’échelle mondiale, 54 pays ont déjà éliminé au moins une maladie tropicale négligée. Si le Niger est le premier pays africain à atteindre cet objectif pour l’onchocercose, il rejoint quatre nations des Amériques ayant accompli le même exploit : la Colombie (2013), l’Équateur (2014), le Guatemala (2016) et le Mexique (2015).
Dans la Région africaine de l’OMS, le Niger est désormais le 21ᵉ pays à avoir éliminé au moins une maladie tropicale négligée. Son parcours inspire les nations encore engagées dans cette bataille sanitaire, prouvant qu’avec détermination et coopération, l’éradication est à portée de main.