Ousmane Sonko accusé de manœuvres politiques à Touba par l’APR

Ousmane Sonko accusé de manœuvres politiques à Touba par l’APR

À Touba, l’Alliance pour la République (APR) a choisi de frapper fort en s’adressant directement aux autorités religieuses sénégalaises pour dénoncer une stratégie politique jugée inique. Une délégation de la Convergence des cadres républicains (CCR) s’est présentée devant Serigne Mountakha Mbacké, Khalife général des Mourides, pour plaider la cause de Pape Malick Ndour, coordonnateur national du parti incarcéré dans le cadre du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac).

Ousmane Sonko reçu par le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké

Une tournée religieuse pour alerter l’opinion publique

Cette initiative s’inscrit dans une campagne de sensibilisation plus large menée par l’APR auprès des grandes familles spirituelles du Sénégal. Le but ? Sensibiliser l’opinion publique et les guides religieux sur ce que le parti considère comme une persécution systématique contre ses membres. Après Touba, la délégation s’est rendue à Thiénaba pour rencontrer Serigne Assane Seck, Khalife général de cette localité, où des prières ont été dites pour Pape Malick Ndour et un message de soutien affiché en faveur de l’ancien ministre.

L’affaire Pape Malick Ndour : un dossier sans fondement selon l’APR

Les cadres de l’APR dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Selon eux, Pape Malick Ndour, nommé coordonnateur du Prodac en 2019, n’a aucun lien avec le rapport de l’Inspection générale des finances datant de 2018, qui sert de base aux poursuites. « Ce rapport ne le concerne pas, il était déjà en poste avant sa nomination », a affirmé Bocar Diongue, porte-parole de la CCR. Pour l’APR, cette procédure s’ajoute à une longue série de ciblages contre ses responsables : Farba Ngom, Mansour Faye et Moustapha Diop, entre autres, auraient été incarcérés sans preuves tangibles.

Ousmane Sonko pointé du doigt comme instigateur des arrestations

Sans détour, la CCR accuse le Premier ministre Ousmane Sonko d’être l’architecte de ces manœuvres judiciaires. « C’est lui qui tire les ficelles derrière ces emprisonnements. Mais il doit savoir que la lutte continuera, quoi qu’il en coûte », a lancé Bocar Diongue lors de son intervention. Cette déclaration marque une escalade dans les tensions entre l’APR et le pouvoir en place, avec des accusations de déni de justice et de manipulation politique.

Alors que la tournée se poursuit, l’APR mise sur le soutien des leaders religieux pour faire entendre sa voix et dénoncer ce qu’elle qualifie de dérive autoritaire. Une stratégie qui pourrait redéfinir l’équilibre des forces au Sénégal dans les mois à venir.