Situation tendue au Bénin après l’échec d’une insurrection militaire

Le dimanche 7 décembre au matin, le Bénin a été secoué par une annonce fracassante sur la télévision nationale. Un groupe de soldats, se présentant sous le nom de Comité militaire pour la refondation (CMR), a déclaré avoir évincé le président Patrice Talon de ses fonctions avant que le signal ne soit coupé.

Cependant, la réaction de l’exécutif ne s’est pas fait attendre. Des sources proches de la présidence ont rapidement assuré que le chef de l’État était hors de danger et en totale sécurité. Selon ces officiels, l’armée régulière a déjà entamé une opération de reprise en main pour neutraliser ce petit groupe d’insurgés qui n’aurait pris le contrôle que des studios de télévision. La situation est désormais décrite comme étant sous contrôle par les autorités.

Cotonou sous haute surveillance

Dans la capitale économique, la confusion a régné durant quelques heures. L’ambassade de France a d’ailleurs alerté ses ressortissants après des échanges de tirs signalés près de la résidence présidentielle à Cotonou, invitant chacun à la prudence. Si l’accès à la présidence et à la télévision publique restait bloqué par des militaires, le reste de la ville, y compris l’aéroport, semblait conserver un calme relatif, les habitants poursuivant leurs activités habituelles.

Une source militaire a confirmé que les points stratégiques, comme le palais présidentiel ou le domicile de Patrice Talon, n’ont jamais été occupés par les putschistes. Les forces de sécurité procèdent actuellement à une sécurisation totale de la zone pour rétablir l’ordre définitif.

Un climat politique sous pression

Cet événement intervient alors que le Bénin se prépare à une échéance électorale majeure en avril prochain, alors que Patrice Talon doit achever son second mandat en 2026, conformément à la Constitution. Bien que le pays affiche une santé économique robuste, il fait face à une menace djihadiste croissante dans ses régions septentrionales.

Ce coup de force manqué s’inscrit dans un contexte régional particulièrement instable en Afrique de l’Ouest, marquée ces dernières années par une série de putschs au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée et récemment en Guinée-Bissau. Au Bénin, si la gestion de Patrice Talon est louée pour ses résultats économiques, elle est aussi la cible de critiques dénonçant un virage autoritaire dans un pays autrefois considéré comme un modèle démocratique.